COVID-19 - Coronavirus disease 2019

Attitudes et comportements des personnes âgées face à la crise du COVID-19 (PA-COVID): une enquête prospective en population générale. – PA-COVID

Résumé de soumission

Face aux crises sanitaires, les personnes âgées figurent parmi les plus à risque comme l’a montré la canicule de 2003, la surmortalité avec l’âge étant particulièrement marquée chez les personnes vivant seules ou en EHPAD. Alors même que l’épidémie de COVID-19 est loin d’être jugulée, tout porte déjà à croire que la population âgée sera de nouveau une des plus touchées. Au-delà des caractéristiques médicales, des spécificités qui relèvent des attitudes, du fonctionnement psychologique et social contribuent à cet état de fait. Hors situation de crise, les conséquences d’une maladie sont très différentes d’un sujet âgé à l’autre selon les ressources psychologiques, le mode de vie, le soutien social, l’adaptation du domicile, l’accessibilité des services et commerces. Quelques études se sont intéressées aux conséquences du confinement mais aucune dans la population âgée alors même que nous avons des raisons de penser qu’elle est particulièrement vulnérable au moins à 3 niveaux : 1) vis-à-vis de la réponse à l’agent infectieux du fait de ses caractéristiques physiologiques ; 2) du fait des caractéristiques psychosociales qui font qu’une partie est encore plus à risque de répercussions sévères de l’infection (personnes dépendantes, troubles cognitifs, personnes isolées, vivant en institution) ; 3) vis-à-vis du confinement au vu des capacités d’ajustement psychologique diminuées chez la personne âgée.

Ce projet consiste à mettre en place rapidement une enquête téléphonique auprès de 1000 personnes âgées pour répondre aux questions suivantes :
1) Quels sont les attitudes, le vécu psychologique et social des personnes âgées face à la crise du COVID-19 et au confinement : le niveau de stress, d’anxiété, le soutien social pendant le confinement, l’accès à l’information, aux consignes et mesures mises en place par les instances gouvernementales, le niveau de compréhension et d’adhésion à ces consignes, les représentations de l’épidémie, l’accès aux services restreints dans ce contexte ou encore aux outils numériques de communication ?
2) Dans quelle mesure ces caractéristiques, représentations et attitudes ont un impact sur la santé, la mortalité (liée et non liée au COVID-19) et les capacités de résilience face à cette crise ?

L’enquête aura lieu pendant et post-confinement. Alors que mettre en place en quelques jours une enquête en population générale est très difficile, et plus encore lorsque les personnels de recherche sont eux aussi soumis au confinement, notre équipe dispose des moyens pour le faire : l’accès immédiat à des études de cohortes en population coordonnées par l’équipe ; un corpus d’informations déjà disponibles sur ces sujets (état de santé, dépendance, médicaments, mode de vie, environnement social, déficits cognitifs, dépression…) qui permettra de limiter le recueil d’information à la situation de crise ; le suivi prospectif (disponibilité d’informations avant la crise grâce aux cohortes ; pendant et post-confinement grâce à l’enquête ; à plus long terme avec le suivi prospectif des cohortes) ; les ressources humaines (11 psychologues réaliseront les entretiens en télétravail).

Cette épidémie étant potentiellement amenée à se répéter, les résultats de cette étude devraient nous aider à mieux communiquer envers la population âgée (il pourrait être pertinent d’établir des consignes spécifiques seniors « plan Epidémie » sur le même principe que le plan Canicule) ; mais aussi, à mieux cibler parmi cette catégorie déjà à risque, la frange la plus à risque, afin de pouvoir mettre en place des plans d’actions médico-sociaux avant même le jour 1 de l’épidémie. Aujourd’hui en France, les services de mairie ont peu de moyens pour contacter ces personnes, la plupart des communes se référant aux fichiers « canicule ». Bien qu’à saluer, cette initiative sera malheureusement insuffisante.

Coordination du projet

Hélène Amieva (Bordeaux Population Health Research Center)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

BPH Bordeaux Population Health Research Center

Aide de l'ANR 58 240 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2020 - 18 Mois

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