RA-COVID-19 V4 - Recherche - Action Coronavirus disease 2019 - Vague 4

L'expérience du confinement dans les familles – Fam.Conf

Fam.Conf.

L'expérience du confinement dans les familles. Comparaison France/Suisse/Suède

Saisir les effets de la pandémie de Covid-19 par les familles

Pour faire face à la pandémie COVID-19 et contrôler la diffusion du virus, de nombreux gouvernements à travers le monde ont opté pour des mesures de confinement plus ou moins souples. Le confinement a ainsi contraint les couples avec enfants à faire coexister dans un espace unique plusieurs activités réalisées ordinairement dans des lieux et des temporalités distinctes : travail professionnel, travail domestique, et travail parental ont été menés de front par les parents. Ajoutons que ces derniers ne pouvaient plus s’appuyer sur les médiations qui participent aux arrangements familiaux, telles que l’école, les modes de garde de la petite enfance, ou les travailleur·se·s de l’économie domestique. Cette situation interroge au moins deux activités structurantes des organisations familiales contemporaines :<br />1. L’emploi et les conditions de travail professionnel: Sous quelles modalités l’activité professionnelle est-elle maintenue ? Comment le chômage à temps partiel, les interruptions de contrat ou le télétravail se sont-ils mis en place? Quelles en sont les déclinaisons sociales (de genre, de groupe professionnel, de classes) d’un point de vue pratique, économique, spatial et temporel ? Comment ces transformations professionnelles ont-elles été vécues par les adultes comme par les enfants ?<br />2. Le travail parental d’éducation : comment les parents ont-ils pris en charge les activités dédiées à leurs enfants ? Quels types de travail éducatif et/ou scolaire ont-ils mis en place ? Quels ont été les liens avec les équipes scolaires ? Quelles traces cette expérience a-t-elle laissées après le déconfinement en termes de rapport à l’école, aux enfants, de division du travail, etc?<br />Outre les expériences différenciées du confinement en fonction des classes sociales, notre enquête interroge conjointement la façon dont se transforment les ordres genrés dans le couple et la famille, mais aussi dans l’emploi et au travail : quels arrangements les couples élaborent-ils pour articuler travail professionnel et travail domestique ? Le confinement engendre-t-il une plus grande égalité entre les membres du couple ? Dans quelle mesure ces arrangements interrogent-ils les politiques publiques favorisant l’égalité entre les femmes et les hommes ?<br />Cette recherche sera conduite dans trois pays de l’espace européen : la France, la Suède et la Suisse. Le choix des lieux d’observation des questions de recherche se justifie par deux raisons principales. Premièrement, leur gestion de la pandémie a été très différenciée : un confinement strictement encadré pendant deux mois en France, un semi-confinement assoupli progressivement en trois phases en Suisse et une politique de la « responsabilité » en Suède. Deuxièmement, ces trois lieux d’observation permettront de comparer ces réponses institutionnelles dans un continuum de régimes d'État-Social: du type libéral ou résiduel suisse à la social-démocratie suédoise, en passant par le corporatisme-conservateur français.

69 familles (23 en France, 22 en Suisse, 24 en Suède) ont été rencontrées entre octobre 2020 et juin 2021, sur la base d’un guide rédigé collectivement. Dans le souci de refléter la diversité des situations économiques, sociales et culturelles de chaque pays, nous avons réparti les familles dans les espaces géographiques et sociaux selon les stratifications nationales et les situations d’emploi des deux parents.
En France, le recrutement a principalement eu lieu par le biais de deux écoles (une en zone rurale de l’ouest de la France et une en zone périurbaine dans la région Centre) et secondairement par interconnaissance en Ile-de-France. En Suisse, l’enquête s’est concentrée sur les cantons romands (Fribourg, Genève, Jura, Vaud, Valais). Parmi les familles enquêtées, 15 avaient participé initialement à une enquête longitudinale sur la transition à la parentalité (Devenir Parents 2016), ainsi qu’à une nouvelle vague d’entretiens conduits en 2018-19. L’échantillon a été complété par sept familles appartenant plutôt à des milieux populaires, moins présents dans l’échantillon initial (certaines de ces familles avaient participé au volet quantitatif de l’enquête initiale). En Suède, le recrutement a été réalisé par interconnaissances et par des réseaux sociaux comme Facebook.
Initialement prévus en face-à-face, les entretiens auprès des parents et de leurs enfants ont le plus souvent été menés par téléphone ou visio-conférence, notamment en France et en Suède. Réalisés entre novembre 2020 et juin 2021, ils visaient à aborder la trajectoire sociale des parents interrogés et les enjeux d’articulation des temps sociaux (pratiques et représentations concernant l’école, la parentalité, l’organisation domestique, l’activité professionnelle), et l’impact de la pandémie de Covid-19 et des restrictions sanitaires sur ces dimensions de la vie quotidienne. Nous avons cherché à interroger chaque membre de la famille séparément, mais les contraintes des entretiens ne nous ont pas toujours permis d'accéder individuellement à tous les membres de la famille, certains, et tout particulièrement les hommes, refusant par ailleurs régulièrement d'être interviewés.

En cours - projet à conclure en avril 2022

En cours - projet à conclure en avril 2022

En cours - projet à conclure en avril 2022

Ce projet propose d’examiner les formes de l’articulation entre travail et famille mises en place pendant et après le confinement, en les croisant à une analyse des inégalités sociales, notamment de classes et de genre, situées dans des contextes nationaux contrastés. Nous proposons in fine une analyse des transformations engendrées sur le plan du maintien en emploi et de la poursuite de la carrière professionnelle (en particulier des mères), de l’organisation du travail et de son articulation avec les engagements familiaux, de l’éducation et de la continuité pédagogique.
Pour faire face à la pandémie COVID-19 et contrôler la diffusion du virus, de nombreux gouvernements à travers le monde ont opté pour des mesures de confinement plus ou moins souples. Le confinement a ainsi contraint les couples avec enfants à faire coexister dans un espace unique plusieurs activités réalisées ordinairement dans des lieux et des temporalités distinctes : travail professionnel, travail domestique, et travail parental ont été menés de front par les parents. Ajoutons que ces derniers ne pouvaient plus s’appuyer sur les médiations qui participent aux arrangements familiaux. Cette situation interroge deux activités structurantes des organisations familiales contemporaines : l’emploi et les conditions de travail professionnel d’une part, et le travail parental d’éducation d’autre part. Outre les expériences différenciées du confinement en fonction des classes sociales, notre enquête interroge conjointement la façon dont se transforment les ordres genrés dans le couple et la famille, mais aussi dans l’emploi et au travail.
Cette recherche sera conduite dans trois pays d'Europe : la France, la Suède et la Suisse. Le choix des lieux d’observation se justifie par leur gestion très différenciée de la pandémie et par leur inscription dans des régimes distincts d'État-Social (du type libéral ou résiduel suisse à la social-démocratie suédoise, en passant par le corporatisme-conservateur français). Dans chaque pays, une vingtaine de monographies familiales sera réalisée. Nous ciblerons des familles composées d’un couple et d’au moins un enfant de 0 à 12 ans, en faisant varier selon les stratifications locales les propriétés sociales, les positions dans l’emploi et les lieux de résidence. Il s’agira d’effectuer deux entretiens enregistrés au minimum avec deux membres de la famille portant sur : le cadre de vie, la trajectoire des membres de la famille (trajectoires sociale, scolaire, résidentielle, professionnelle, conjugale, etc.) ; l’organisation familiale et l’articulation travail/famille avant, pendant et après le confinement (répartition de la prise en charge des enfants et du foyer, rythmes familiaux - scolaires, professionnels, etc.) ; l’emploi et les conditions de travail, les pratiques de sociabilité, de loisirs des membres de la famille avant, pendant et après le confinement ; les réalisations scolaires et extra-scolaires pendant le confinement ; les relations et pratiques familiales (sociabilité, occupations, etc.) avant, pendant et après le confinement.
La collecte des matériaux commencera dès septembre 2020, pour une période de trois mois. Nous souhaitons recruter les familles entre les mois de juin et de juillet, avant les éventuels départs en vacances, pour assurer un démarrage des monographies dès septembre. Cette mise en place rapide du protocole nous permettra de recueillir les expériences du confinement puis du déconfinement au plus près de leur vécu, avant que le souvenir de celui-ci ne perde en acuité.
Les résultats obtenus montreront les difficultés qui ont été rencontrées par les familles et identifieront des leviers concrets d’action en cas de nouvelle pandémie. Ils pourront être mis à la disposition de partenaires intéressés par les questions d’organisation du travail et de conditions de travail, dédiés aux questions scolaires et plus largement familiales, ou mobilisés par les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes.

Coordination du projet

Julie Landour (Institut de recherche Interdisciplinaire en Sociologie, Economie et Science Politique)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

UNIL ISS Université de Lausanne / Institut des Sciences Sociales
Université d'Uppsala Université d'Uppsala
CESSP Centre Européen de Sociologie et de Science Politique de la Sorbonne
HETSL | HES-SO Haute école de travail social et de la santé Lausanne
IRISSO Institut de recherche Interdisciplinaire en Sociologie, Economie et Science Politique

Aide de l'ANR 100 548 euros
Début et durée du projet scientifique : octobre 2020 - 12 Mois

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