CE28 - Cognition, éducation, formation

Compétences critiques et enseignement de l'histoire – CCEH

Résumé de soumission

Le contexte politique et social rend plus nécessaire que jamais le développement des capacités critiques des citoyen-nes envers la masse des documents qui se diffusent désormais très rapidement par les médias et réseaux sociaux. La plupart des études disponibles postulent l’existence d’un « esprit critique » général et s’intéressent peu au fonctionnement essentiellement disciplinaire de l’École. Le projet CCEH a pour objectif de pallier ce manque pour l’enseignement scolaire de l’histoire en interrogeant les conditions d’apprentissage et de transfert des compétences critiques historiennes à des situations non disciplinaires (actualité médiatique). Il croise quatre cadres théoriques centraux du champ de la didactique de l’histoire (Cren : problématisation, Cread : Théorie de l’action conjointe en didactique, Hep Vaud : rapports mémoire/histoire et U. de Montréal et U du Québec en Outaouais : pensée historienne), dans trois contextes nationaux (France, Suisse, Canada) sur des corpus de situations expérimentales en milieu scolaire. Une méthodologie qualitative de comparaison continue (inscrite dans la Grounded Theory de Glaser et Strauss) produira des concepts pour (1) mieux penser les conditions du développement des capacités critiques disciplinaires et leur transfert, (2) développer des outils pour la formation des enseignant-es et (3) documenter de possibles évolutions curriculaires.
Trois hypothèses structureront la recherche. 1. Les compétences de critique documentaire développées en histoire scolaire ne se transfèrent pas de facto en compétences générales parce qu’elles ne concernent que la connaissance du passé par l’étude de ses traces ; 2. Les compétences critiques historiques ne se réduisent pas à appliquer des règles (notamment de critique externe et interne des documents), elles consistent en une évaluation des situations du passé par référence à des modèles d’enquêtes disciplinaires ; 3. Les enseignant-es doivent donc elles-eux-mêmes dépasser le modèle pédagogique « enseignement de règles + entrainements à les appliquer ». Pour cela elles-ils ont besoin de connaissances sur comment apprendre aux élèves à imiter des modèles d’enquêtes.
La méthodologie prévoit la co-conception et la réalisation, avec des enseignant-es, de trois séries de trois séquences d’enseignement dans les quatre pôles (correspondant aux quatre cadres théoriques des membres du consortium). Ces quatre corpus seront structurés par une approche commune issue des coopérations antérieures déjà riches des membres du consortium, qui permettra une comparaison autour de trois variables partagées (enquête, contenus, analogie). Le processus comparatiste est double : entre les données produites dans les quatre pôles, et entre les séquences et séries de séquences tout le long de la durée du projet.
Sur un plan pratique, chaque pôle élaborera localement une première série de séquences par un travail de coopération entre chercheur-es et enseignant-es, les premier-ières ayant la responsabilité des objectifs scientifiques, les second-es des objectifs pédagogiques. Les données enregistrées (séances de préparation et mises en oeuvre en classe) seront transcrites. Dans le semestre suivant, chaque pôle procèdera à une première analyse des données dans son cadre théorique, pour préparer le travail collectif comparatiste qui réunira l’ensemble des membres du consortium à l’occasion d’une rencontre de trois jours. Cette étape aboutira à identifier les premières catégories conceptuelles pertinentes autour des trois hypothèses et des trois variables communes, et à dégager des modifications pour élaborer la série de séquences suivante (l’échantillonnage théorique, selon la Constant Comparative Method of Qualitatve Analysis), organisée selon le même schéma l’année suivante. La troisième et dernière série permettra en outre la production, par le pôle nantais, d’un support vidéo destiné à la formation des enseignant-es.

Coordination du projet

Sylvain Doussot (CENTRE DE RECHERCHE EN EDUCATION DE NANTES)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Université de Montréal / CRIFPE
CREAD Centre de recherche sur l'Education, les Apprentissages et la Didactique
CREN CENTRE DE RECHERCHE EN EDUCATION DE NANTES
Université du Québec en Outaouais / Crifpe
Hep Vaud Hep Vaud / UER Didactiques sciences humaines et sociales

Aide de l'ANR 174 346 euros
Début et durée du projet scientifique : mars 2021 - 42 Mois

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