CE22 - Sociétés urbaines, territoires, constructions et mobilité

Aménagement de l'espace urbain et mobilités à faible impact environnemental – URFE

ANR URFE : Aménagements Urbains et mobilité à Faible impact Environnemental

Le projet URFé traite des modes de déplacements individuels légers dans un contexte marqué par le fort développement de leurs pratiques, particulièrement dans les secteurs centraux des agglomérations. Le consortium y interroge les conditions de développement de ces pratiques, qui semblent marquées par de nouvelles formes d’accidentalité, une insuffisante adaptation de l’espace aménagé aux caractéristiques de ces modes et de leurs usages, et un besoin de régulations.

Enjeux et objectifs : Contribuer à une meilleure compréhension des enjeux et des obstacles au développement de la mobilité individuelle légère en lien avec l’aménagement de l’espace urbain.

La difficulté à faire évoluer le système de mobilité dans le sens d’une réduction drastique de ses impacts environnementaux fait partie des problèmes contemporains non résolus. Le développement des transports collectifs (TC) et son couplage avec la planification urbaine ne peuvent à eux seuls répondre à cet enjeu. Considérant les difficultés de prise en charge par les TC de certains besoins de mobilité, certains auteurs appellent à repenser les modes de déplacement individuels, et à étudier le développement potentiel de petits véhicules urbains à faible coût, de masse réduite et à propulsion pas ou peu carbonée. Dans ce contexte, on assiste aussi au développement de ce que l’on peut appeler des modes de déplacement individuels à faible impact environnemental, c’est-à-dire (si l’on met à part la marche) les modes recourant à des engins légers non motorisés ou à moteur électrique de faible puissance : vélos, VAE (vélos à assistance électrique), trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnels. Du fait de l’assistance électrique, favorisant des trajets en vélos de plus longue portée, et du caractère facilement embarquable de ces modes dans un TC ou une automobile, ces derniers peuvent tenir un rôle dans une mobilité métropolitaine, en terminaison ou au départ d’un déplacement intermodal, voire être des concurrents aux transports collectifs en milieu urbain ou périurbain. <br />Cette évolution est en partie encouragée par les politiques publiques – concernant les cycles – et résulte pour une autre part de l’émergence d’un marché (trottinettes électriques) et de nouveaux services développés par des opérateurs privés (free floatting). S’il ne représente qu’une contribution parmi d’autres à la réduction des impacts environnementaux de la mobilité, le développement de ces modes est un fait, et l’étude des conditions et potentialités de ce développement reste nécessaire. Il semble néanmoins marqué par différents obstacles <br />• des problèmes de sécurité persistants, de nouvelles formes d’accidentalité, qui touchent des usagers vulnérables non protégés par un habitacle,<br />• l’inadéquation des espaces publics et de l’aménagement du territoire aux caractéristiques de ces modes, aux attentes et aux aspirations de leurs multiples usagers, <br />• une action publique qui, tout en cherchant à encourager des offres de mobilité alternatives à l’automobile doit faire face aux bouleversements, rapides et parfois non anticipés, apportés par ces pratiques émergentes, et leurs nouveaux acteurs. <br />En traitant ces différents aspects, le projet ANR URFé ambitionne de clarifier les usages, les conditions de développement et les potentialités de la mobilité individuelle légère.

Nous nous intéressons d’abord aux acteurs individuels s’orientant vers les modes de déplacements légers, à leurs pratiques, à leurs représentations, mais aussi à leurs aspirations. Nous interrogeons ensuite le « potentiel d’accueil » du territoire, notion empruntée à V. Kaufmann, dans ses dimensions relatives aux espaces publics, aux réseaux et systèmes de transport, et à l’ergonomie spatiale (l’accessibilité des ressources et des différentes parties du territoire vis-à-vis des usagers s’orientant vers ces modes de déplacement). Nous nous intéressons enfin au rôle que peuvent tenir les acteurs collectifs publics pour infléchir ce potentiel d’accueil, dans le sens d’un territoire plus hospitalier vis-à-vis des pratiques, des modes de vie, des attentes et aspirations de ces habitants, favorisant ainsi la contribution de ces formes de mobilité à un développement plus soutenable.
L’angle à travers lequel le projet ANR URFé aborde les mobilités individuelles légères est celui de l’hospitalité de l’espace urbain et de ses aménagements. Il s’agit d’étudier cette mobilité sous l’angle du « potentiel d’accueil » de l’espace aménagé, de l’ergonomie spatiale, et de la capacité des logiques d’aménagement à prendre en compte les pratiques, besoins et aspirations des usagers de ces modes.
L’hypothèse générale est que les différents obstacles préalablement cités témoignent d’un hiatus entre la réalité des pratiques et des besoins des utilisateurs de cette mobilité légère, et les logiques d’aménagement de l’espace.
Les travaux conduits portent sur les Métropoles d’Aix-Marseille-Provence, du Grand Lyon, de l’Eurométropole de Strasbourg et sur l’agglomération de Lausanne. Travailler à l’échelle de ces territoires permet non seulement de couvrir une grande diversité des environnements et des aménagements, allant des tissus urbains denses aux espaces suburbains et périurbains, mais aussi d’interroger le caractère réticulaire des aménagements censés accueillir la mobilité individuelle légère. Ces terrains présentent en outre la particularité de ne pas être au même stade dans le développement de cette mobilité et dans sa prise en compte dans l’aménagement des espaces de circulation.
Les membres de l’équipe relèvent des champs scientifiques de l’Accidentologie, de la Géographie, de l’Aménagement-Urbanisme, de la Science Politique, du Droit et de l’Economie. Cette pluridisciplinarité permet une analyse systémique des différents registres de l’analyse : les difficultés d’usage entourant les pratiques, le « potentiel d’accueil » de l’espace aménagé et les logiques d’action publiques en faveur de ces mobilités.
De plus, le projet comprend une collaboration avec les Agences d’urbanisme des terrains d’études, UrbaLyon, l’AGAM, et ADEUS. Et ce, afin de permettre une meilleure prise en compte des problématiques de terrain soulevées par l’émergence de ces nouvelles pratiques de mobilité et assurer un transfert des résultats scientifiques du projet vers l’action.

Articulant enquêtes qualitatives et enquêtes quantitatives, le premier volet du projet documente les pratiques effectives. Il s’appuie tant sur la production de données nouvelles (enquêtes compréhensives menées auprès des utilisateurs, sur les terrains d’études) que sur la ré-exploitation d'enquêtes nationales et locales sur la mobilité. Il s’agit de mieux documenter les logiques d’utilisation des modes individuels légers et les problèmes de sécurité liés à l’usage de ces modes. Concernant ce dernier point, il s’agit de préciser les enjeux en termes de sécurité, liés au développement des modes de déplacements individuels légers. Le croisement de données de mobilité et de données d’accidents va également permettre de mieux cerner les risques encourus, en particulier selon différentes configurations d’aménagements et en présence ou non d’aménagement cyclable.
Le deuxième volet permet de vérifier l’hypothèse d’un hiatus entre les pratiques et les besoins des usagers des modes individuels légers et la façon dont sont aménagés les espaces urbains. Il s’agit d’apporter des connaissances sur la qualité des espaces urbains (en termes techniques, matériels, fonctionnels, et d’ambiance) et leur adéquation à l’usage des modes individuels légers. Des observations sur les configurations et les pratiques des espaces aménagés menées in situ visent à mettre en évidence des difficultés d’usage, des situations de conflits et des types d’inadaptation de l’espace. Cette observation empirique s’intéresse en outre aux continuités : continuité des itinéraires cyclables, mais également continuité d’un trajet dans toutes les composantes de la chaîne de mobilité. Dans ce même volet, il s’agit ici également de se positionner à l’échelle du quartier ou de l’agglomération dans sa globalité pour analyser l’adéquation de l’espace à la vie de sa population, et en particulier à ses besoins de mobilité pour mener l’ensemble des activités de la vie quotidienne (déplacements domicile-travail, approvisionnements marchands, service, éducation, loisirs…).
Le troisième volet du projet apporte des connaissances sur les processus de conception des projets de réaménagement des espaces publics, afin de repérer les doctrines techniques qui y sont mobilisées, les objectifs recherchés par les différents acteurs impliquées dans ces transformations et la façon dont sont discutées et mises en œuvre les options d’aménagement. Plus globalement, des connaissances seront apportées sur la place accordée à la mobilité individuelle légère dans les politiques locales des Métropoles et agglomération étudiées. Ainsi, ce troisième volet vise à identifier, dans la définition de l’action publique d’aménagement, les différents éléments qui peuvent être à l’origine des dysfonctionnements et difficultés d’usages des espaces aménagés, ainsi que les freins et les potentiels d’une meilleure adaptation de ces espaces aux modes à faible impact environnemental

Eclairer les collectivités locales pour la mise en œuvre de politiques permettant d’accroître la contribution de ces modes à un système de mobilité sûr et durable.

Les résultats seront diffusés auprès de la communauté scientifique et des acteurs parties prenantes de la production urbaine et des politiques de mobilité (transfert vers les collectivités locales et territoriales). Pour la communauté scientifique, la diffusion se fera de manière classique par le biais d'articles scientifiques de rang A et de conférences internationales et nationales. Les revues ciblées s’inscrivent dans les champs disciplinaires des Transports (Transportation Research ; Journal of Transport and Health, Accident Analysis and Prevention), de l’Aménagement-urbanisme (Flux, Journal of Urban Design, disP-The Planning Review, RIURBA), de la Géographie (Cybergéo-European Journal of Geography, Revue Internationale de Géomatique), ainsi que des études urbaines (Métropoles), et de l’environnement (VertigO).
Pour le transfert des connaissances vers l’action (élus, techniciens, bureaux d’études intervenant sur l’aménagement urbain et la mobilité), la collaboration avec le réseau des Agences d’Urbanisme et la participation du CEREMA au projet assurent un meilleur succès dans l’appropriation et la diffusion.

Ce projet traite de l’hospitalité de l’espace urbain vis-à-vis des nouvelles formes de mobilité liées au développement des modes à faible impact environnemental (vélos, VAE, trottinettes électriques…), qui est confronté à divers obstacles : des problèmes de sécurité persistants, l’inadéquation des dispositifs destinés à ces modes dans la planification et la conception urbaine, les difficultés d’adaptation des acteurs publics aux changements rapides liés à l’irruption de nouveaux objets techniques et au rôle croissant des acteurs privés. Ce projet vise à mieux comprendre ces obstacles et les moyens de les surmonter, par des études de terrain, l’analyse approfondie des accidents, des enquêtes fouillées auprès des usagers (sur leurs pratiques, besoins et aspirations) et auprès des acteurs publics de l’aménagement urbain, dans le cadre d’analyses spatialisées accordant une large place aux spécificités des territoires étudiés (les régions de Marseille, Lyon, Strasbourg et Lausanne).

Nous faisons l’hypothèse que ces différents obstacles témoignent d’un hiatus entre le développement réel des pratiques et des besoins des utilisateurs de cette mobilité individuelle légère et la façon d’aménager le territoire par les acteurs publics. Nous nous intéresserons d’abord dans ce projet aux acteurs individuels s’orientant vers les modes de déplacements légers à faible impact environnemental, à leurs pratiques, à leurs représentations, mais aussi à leurs aspirations (volet 1). Nous interrogerons ensuite le potentiel d’accueil du territoire, en particulier dans ses dimensions relatives à l’espace public, aux réseaux et systèmes de transport, à l’intermodalité, à l’ergonomie spatiale et à l’accessibilité des ressources et des différentes parties du territoire, vis-à-vis des pratiques et aspirations des habitants s’orientant vers ces modes de déplacement (volet 2). Nous nous intéressons enfin au rôle que peuvent tenir les acteurs collectifs publics pour infléchir ce potentiel d’accueil, dans le sens d’un territoire urbain plus hospitalier vis-à-vis des pratiques, des modes de vie, des attentes et aspirations de ces habitants, favorisant ainsi la contribution de ces formes de mobilité à un développement plus soutenable (volet 3).

Concernant le choix des terrains d’étude, les travaux conduits dans le cadre du projet porteront sur les aires urbaines d’Aix-Marseille, de Lyon et de Strasbourg et sur l’agglomération de Lausanne. Travailler à l’échelle de ces territoires permettra non seulement de couvrir une grande diversité des environnements et des aménagements, allant des tissus urbains denses aux espaces suburbains et périurbains, mais aussi d’interroger le caractère réticulaire des aménagements censés accueillir la mobilité individuelle légère. Ces terrains présentent en outre la particularité de ne pas être au même stade dans le développement de cette mobilité et dans sa prise en compte dans l’aménagement des espaces de circulation.

Le consortium constitué est pluridisciplinaire. En effet, ce projet mobilise des partenaires reconnus dans l’analyse des pratiques de mobilité, de l’activité de déplacement et de son accidentalité, (TS2-LMA, IGD, CEREMA), des dynamiques spatiales et des problèmes d’accessibilité (IDEES-Caen et LIVE, qui ont développé ensemble les méthodes de l’ergonomie spatiale), et des multiples dimensions de l’action sur la « fabrique urbaine » (LIEU). Ces différents partenaires seront particulièrement associés dans la réalisation des différents volets et tâches.

Coordination du projet

Frédérique Hernandez (Département Transport, santé, sécurité)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

IDEES IDENTITE ET DIFFERENCIATION DE L'ESPACE, DE L'ENVIRONNEMENT ET DES SOCIETES
LIEU LABORATOIRE INTERDISCIPLINAIRE ENVIRONNEMENT URBANISME
TS2 Département Transport, santé, sécurité
ESPRIM Perturbations et la Résilience des systèmes de Mobilité
LIVE Laboratoire Image, Ville, Environnement
UNIL Université de Lausanne UNIL / Institut de Géographie et Durabilité IGD

Aide de l'ANR 410 236 euros
Début et durée du projet scientifique : - 42 Mois

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