Adaptabilité des voies de sécrétion dépendantes de l'appareil de Golgi – GolgiPS
Adaptabilité des voies de sécrétion lors de la différenciation cellulaire
Le transport des protéines est nécessaire à l'accomplissement des fonctions cellulaires, par exemple pour communiquer avec leurs voisines ou pour remodeler leur environnement. Au centre de la voie sécrétoire, l'appareil de Golgi doit prendre en charge les diverses protéines et assurer leur adressage correct. Les cellules de différents tissus présentent des besoins de sécrétion distincts. Le projet vise à élucider l'adaptation des machineries de transport en fonction du type cellulaire.
Décryptage des régulateurs et des mécanismes de transport des protéines les cellules différenciées.
Le transport des protéines sécrétoires est essentiel pour différentes fonctions cellulaires. L’adressage correct des protéines vers la surface cellulaire permet aux cellules de communiquer avec ses voisines ou encore de remodeler son micro-environnement. Au cœur de la voie de sécrétion, l’appareil de Golgi doit prendre en charge une diversité de protéines et assurer leur adressage vers leur compartiment de destination. Divers mécanismes de transport sont à l’œuvre. Beaucoup de régulateurs généraux du transport intracellulaire sont connus mais les régulateurs de voies spécifiques restent à identifier. Les cellules de différents tissus présentent de besoins sécrétoires distincts afin d’assurer leurs fonctions spécifiques. Les cellules différenciées doivent adapter l'organisation et la composition protéique de leur appareil de Golgi pour assurer la sécrétion des protéines spécifiques à chaque type cellulaire. Cette hypothèse est renforcée par l'existence de maladies causées par des mutations de protéines de l'appareil de Golgi qui sont exprimées dans toutes les cellules de l'organisme mais dont la mutation affecte spécifiquement un type de tissu ou un organe. L'identification de régulateurs du transport des protéines et de l’organisation de l’appareil de Golgi a été réalisée essentiellement en lignées cellulaires immortalisées. Il s’avère désormais nécessaire d’explorer la spécialisation des voies sécrétoires et de l’appareil de Golgi dans des modèles physiologiquement pertinents, non sensibles aux variations et manipulables par des techniques de biologie cellulaire et moléculaire. L’identification de régulateurs impliqués dans le transport spécifique de certaines protéines, indispensables au fonctionnement d’un tissu/organe, constitue un jalon pour le développement de thérapies ciblées à plus long terme.
Les cellules souches pluripotentes induites humaines (aussi appelées hiPSC) ont été choisies comme modèle d'étude. Ces cellules peuvent être différenciées en plusieurs types cellulaires grâce à des protocoles décrits dans la littérature ou grâce à des kits commerciaux. Ainsi, les cellules avant différenciation (pluripotentes) et les cellules différenciées possèdent le même fond génétique.
A partir de ces modèles, l'organisation spatiale de l'appareil de Golgi a été analysée grâce à des marqueurs fluorescents. La composition des protéines associées à l'appareil de Golgi a été analysée de façon quantitative. Et enfin, grâce à de la microscopie à fluorescence en temps réel, le transport de protéines rapportrices a été étudié.
Dans le cadre de ce projet, la culture et la manipulation des cellules souches pluripotentes induites ont été acquises ainsi que leur différenciation. Plusieurs lignées cellulaires d'hiPSC nécessaires aux expériences à mener ont été générées. Le contrôle qualité des hiPSC et la validation des modèles différenciés ont été réalisés.
L'analyse de l'organisation spatiale de l'appareil de Golgi en hiPSC et dans des cardiomyocytes et des chondrocytes dérivés d'hiPSC a montré des différences en termes de répartition dans la cellule et renforcent notre hypothèse d'une adaptaion de l'appareil de Golgi lors de la différenciation cellulaire.
L'identification des protéines associées à l'appareil de Golgi dans les hiPSC et dans les cardiomyocytes a souligné la présence spécifique ou l'enrichissement de certaines protéines dans un type cellulaire.
Les résultats obtenus dans le cadre de GolgiPS confirment l'hypothèse d'une adaptation de l'organisation de l'appareil de Golgi et de ses fonctions sécrétoires lors de la différenciation cellulaire.
Des analyses fonctionnelles devront maintenant être poursuivies pour comprendre le rôle précis des régulateurs golgiens identifiés dans l'homéostasie et les fonctions de l’appareil de Golgi mais aussi leur rôle dans la différenciation cellulaire.
A long terme, les protéines identifiées dans le projet GolgiPS pourraient représenter des leviers moléculaires pour le développement de thérapies ciblées.
Le transport antérograde de protéines est essentiel pour différents processus cellulaires. Au cœur de la voie de sécrétion, l’appareil de Golgi doit prendre en charge une grande diversité de protéines à transporter. Il est désormais clair que les voies de sécrétion dépendantes de l’appareil de Golgi sont diverses mettant en jeu de multiples mécanismes de transport. Cependant, si des régulateurs généraux du trafic antérograde ont été identifiés, les régulateurs spécifiques du transport de cargos par un type cellulaire spécialisé sont encore largement inconnus.
Dans le projet GolgiPS, nous explorerons l’adaptabilité des voies de sécrétion pour soutenir des besoins sécrétoires spécifiques. Les cellules de certains organes ont besoin de sécréter de petites molécules alors que d’autres auront besoin de transporter des molécules fortement glycosylées. Par exemple, les chondrocytes sécrètent en abondance les composants du cartilage articulaire et ont donc besoin d’assurer la sécrétion de grandes protéines telles que les collagènes articulaires. Ces exemples soulignent que des modèles physiologiquement plus pertinents que des modèles cellulaires basiques doivent être utilisés, tout en conservant la capacité d’analyser les compartiments intracellulaires et d’utiliser des outils génétiques.
Pour étudier l’adaptabilité des voies de transport dépendantes de l’appareil de Golgi, des cellules souches pluripotentes induites humaines (iPS pour induced pluripotent stem) seront différenciées en trois types cellulaires présentant des besoins sécrétoires distincts, à savoir en chondrocytes, en cardiomyocytes et en cellules intestinales. Plusieurs caractéristiques structurales et fonctionnelles de l’appareil de Golgi seront analysées en comparant les cellules iPS non-différenciées et différenciées. L’organisation de l’appareil de Golgi en termes de taille, de volume et de distribution spatiale sera étudiée. La composition protéique de l’appareil de Golgi sera déterminée grâce à des expériences de biotinylation de proximité couplées à une analyse quantitative par spectrométrie de masse. Cette analyse aboutira à l’identification de protéines-clé de l’appareil de Golgi régulées dans les cellules différenciées. Le niveau de ces protéines-clé sera perturbé par édition du génome et par dégradation spécifique rapide contrôlée par des petites molécules. Après déplétion de protéines-clé, une analyse fonctionnelle du transport antérograde sera réalisée. Le transport d’un ensemble de cargos divers en termes de taille, de topologie et de fonction sera analysé de façon quantitative grâce au test RUSH (pour Retention Using Selective Hooks). Dans une approche ciblée, le transport de protéines spécifiques au type cellulaire d’intérêt sera étudié de façon quantitative.
Dans son ensemble, ce projet aboutira à une meilleure compréhension des capacités d’adaptation de l’appareil de Golgi lorsque des besoins sécrétoires spécifiques sont requis. De plus, ce projet mettra en lumière la spécialisation de fonctions cellulaires au cours de la différenciation.
Coordination du projet
Gaelle Boncompain (Laboratoire Physiopathologie et Génétique du Neurone et du Muscle)
L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.
Partenariat
IC Institut Curie
PGNM Laboratoire Physiopathologie et Génétique du Neurone et du Muscle
Aide de l'ANR 325 857 euros
Début et durée du projet scientifique :
décembre 2020
- 36 Mois