CE03 - Interactions Humains-Environnement

MOBILITÉ ET CONTACTS CULTURELS DANS LA CONSTRUCTION DES PAYSAGES DU SUD CALIFORNIEN – MeSCAL

Résumé de soumission

La côte californienne est un hotspot mondial de la biodiversité, caractérisé par un long et riche passé pétri par les migrations des sociétés préhistoriques et coloniales et les processus complexes de peuplement. Toutefois, le rôle que ces processus ont eu dans la construction des paysages californiens au cours du temps demeure mal connu. Pour lever ces interrogations qui perdurent dans la recherche, MeSCAL propose d’étudier le rôle des interactions culturelles passées et des mobilités des sociétés dans la dynamique des paysages de la Californie du Sud au cours des derniers 4000 ans. Les principaux objectifs sont tout d’abord d’analyser la distribution spatiale des plantes et des types d’utilisation des ressources et des espaces en lien avec les processus migratoires et coloniaux. Il s’agit par ailleurs d’évaluer l’impact de ces processus sur les écosystèmes aquatiques et terrestres, particulièrement en termes de richesse floristique, de structuration du paysage, d’impact sur la flore et les milieux humides. Ce programme interdisciplinaire ambitieux propose une nouvelle approche combinant : 1) des analyses paléoenvironnementales pluri-indicateurs à haute résolution temporelle – pollen, micro-fossiles non polliniques (MNP), analyse du signal incendie, diatomées, sédimentologie, géochimie – de séquences continentales (zones humides) et marines, fournissant respectivement des informations aux échelles locales et régionales sur la végétation, les types d’utilisation des espaces et des ressources et sur leurs impacts sur le paysage; 2) une calibration des séries de données paléoenvironnementales obtenues avec le recours à des analogues actuels de pollen et de MNP en terme de végétation et des systèmes d’exploitation des ressources ; 3) des analyses archéobotaniques apportant des informations directes sur l’alimentation et l’utilisation des plantes par les sociétés passées en relation avec les processus migratoires et coloniaux ; et 4) un couplage des résultats paléoenvironnementaux avec les séries de données archéohistoriques pour mieux évaluer les changements paysagers induits par les migrations des sociétés. Les zones d’études choisies se situent sur la côte californienne (San Diego et Santa Barbara) et le proche arrière-pays (San Emigdio Hills, Kern County). Ce transect de séquences paléoenvironnementales nous permettra de détecter les différences dans les changements paysagers issus de la colonisation entre les zones côtières, soumises aux contrôles directs de l’organisation coloniale, et les zones d’arrière-pays qui ont pu servir de refuge pour les populations amérindiennes et de conservatoire pour les paysages autochtones. MeSCAL contribuera à une meilleure compréhension de la construction sur la longue durée des paysages culturels californiens. Ce projet apportera aux sociétés californiennes actuelles et aux structures de gestion environnementale d’importantes données historiques et culturelles sur leurs paysages et leurs zones humides. Ces données serviront à la fois de catalyseur à une prise de conscience de ce patrimoine et d’aide pour construire autant d’outils utiles au développement d’une gestion durable des paysages et pour remédier à la dégradation et la surexploitation, actuellement en cours, des paysages et des zones humides. Ce projet permettra aussi d’apporter aux sociétés amérindiennes locales des informations précieuses sur l’histoire de leurs paysages et sur les types traditionnels d’occupation des espaces et de gestion des ressources. Cela contribuera à enrichir leur identité culturelle et aidera à la protection de leur patrimoine paysager. MeSCAL sera un tremplin pour la carrière de la jeune chercheuse. Il lui permettra en effet 1) d’étendre ses compétences en terme de management de projets ; 2) de l’aider à la construction d’un réseau scientifique international interdisciplinaire; 3) d’accroître sa visibilité aux échelles nationale et internationale ; et 4) de renforcer son indépendance scientifique.

Coordinateur du projet

Madame Ana Ejarque Montolio (Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

ISEM Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier
GEOLAB LABORATOIRE DE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

Aide de l'ANR 257 528 euros
Début et durée du projet scientifique : août 2021 - 48 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter