Flash JOP - Appel à projets flash Jeux olympiques Paris 2024

Capitaliser les connaissances acquises sur les Capacités d’action (autorités vs . individus) et le Protocole d’Alerte Commun (CAP) pour accompagner un changement de Cap et proposer une Alerte multicanale en France. – Cap-4-Multi-Can-Alert

En route pour un changement de cap dans les outils d'alerte en France !

Cap4 Multi-Can’Alert est un projet de développement expérimental s’inscrivant dans le cadre des JO 2024. Il a pour but de développer une solution d’alerte multicanale innovante, qui combinera différents canaux de diffusion, adaptés aux contextes réglementaire et technologique se profilant en France, et qui intègrera les besoins des utilisateurs finaux et les réactions à attendre des populations.

Ambitions et objectifs visés

Ce projet est né pour répondre à deux lacunes : 1) le manque d’efficacité et de clarté dans les contenus des outils d’alerte en France (un signal sonore pour les sirènes du réseau SAIP, un message vocal / texte pour les automates d’appel d’alerte, un message texte pour les SMS géolocalisés et le CellBroadCast, etc.), alors qu’ils sont censés alerter et informer la population en cas de dangers ou de menaces susceptibles de porter atteinte à l’intégrité physique des biens ou des personnes ; 2) l’absence d’une réelle réactivité des populations, qui préfèrent poursuivre leurs activités (Lutoff et al., 2016), ou qui ne perçoivent pas les risques (Weiss et al., 2011), alors que l’alerte doit générer une réactivité (Lagadec, 2015) et induire des mesures réflexes de sauvegarde (Creton-Cazanave, 2010 ; Douvinet, 2018). <br /> <br />La plateforme utilisée comme support de départ sera mise à disposition par GEDICOM (elle est utilisée en Belgique et à un niveau de maturité de 9) : c’est une solution globale servant à informer et à alerter des populations ciblées (mise en œuvre en Belgique). Elle est disponible en mode Software as a Service (SaaS), c’est-à-dire qu’elle permet de mettre en place le service immédiatement, d’adapter l’utilisation des services aux besoins, de sécuriser l’accès et de bénéficier des dernières mises à jour (logicielles et matérielles). Depuis 2015, GEDICOM a émis plus de 8,5 millions d’appels, et gère près de 13 millions de contacts en France. Mais de nouvelles briques technologiques y seront combinées, pour assurer la diffusion sur les ondes radio, pour éviter la congestion des réseaux de télécommunication, et diffuser sur les téléphones en mode « pair-à-pair » en cas de coupure électrique. Ces innovations permettront de garantir l’acheminement instantané de l’alerte, même en situation dégradée (figure 1).

Cap4 Multi-Can’Alert sera organisé autour de 3 tâches itératives, croisant les compétences de tous les partenaires du consortium (e.g. géographie des risques, diffusion technique d’une alerte, psychologie, sciences de l’information et de la communication, diffusion par ondes radio) (figure 2). Ces tâches ont été structurées pour répondre aux objectifs initiaux et pour favoriser les interactions, dans une logique de partenariat public/privé tout en échangeant avec les utilisateurs finaux. Le WP0 sera consacré à la coordination et au management du projet. Le WP1, dédié au design du moteur d’alerte, permettra de combiner plusieurs canaux de diffusion, et de tester la faisabilité technique du prototype (en situations normales et dégradées). Le WP2 sera dédié à l’usage du prototype en conditions réelles, ce qui induit la définition des conditions d’implication des populations et des règles d’utilisation de la plateforme par les utilisateurs. Plusieurs scénarii seront joués pour étudier les facteurs déterminants dans la prise de décision, la mise en sécurité, la compréhension des messages diffusés, ou leur portée spatiale. Le WP3 mettra en perspective les résultats obtenus durant la vie du projet, à la fois dans la dimension opérationnelle (quelle est la plus-value ou les limites pour les acteurs publics et privés ?), scientifique (via le transfert de connaissances et la mise en pratique des résultat obtenus) et industrielle (définir la future commercialisation du prototype et les contreparties futures pour les sites pilotes).

Ce projet a permis d'apporter de nouvelles connaissances dans différents domaines : 1) une meilleure compréhension du Protocole d'Alerte Commun (CAP), en France et par comparaison avec d'autres pays ayant déjà éprouvé ce standard informatique; 2) une évaluation du potential d'alertabilité sur les réseaux 2G,3G,4G ou sur la 4G uniquement; 3) une définition du cadre opérationnel et la liste des fonctionnalités idéales pour une plateforme multicanale; 4) une évaluation de besoins des acteurs privés et publics en France, qui conduit à discuter du cadre réglementaire actuel ; 5) une meilleure compréhension des règles juridiques et déontologiques qui s'imposent et qui doivent être respectées avant de faire des expérimentations d'alerte avec du public ; 6) une mise en évidence des besoins de ces publics, en exploitant les résultats acquis dans différent contextes (Avignon Université, les zones industrielles du Havre et de Port Jérôme, et la ville de Cannes), avec 190 participants qui ont été mis en situation et observés ; 7) une mise en perpective des biais cognitifs et perceptifs individuels face à l'alerte.
Ce projet d'une durée de 24 mois a vécu les vicissitudes du contexte liée à la COVID-19, mais grâce à un mode de fonctionnement itératif (deux à trois réunions par mois au minimum) et grâce à un investissement conséquent des membre de l'équipe projet, les résultats obtenus ont dépassé les attentes initiale. Seul bémol : le départ de QWANT dès le départ du projet (pour des raisons propres à cette entreprise) n'ont pas permis de tester la diffusion d'une alerte par onde radio, couplé avec la plateforme mise à disposition par F24.

A la suite de ce projet, plusieurs perspectives sont envisagées :
- 1) une convention avec la Direction du Numérique, en charge du déploiement de la future plateforme FR-Alert, sur l'année 2022, pour les accompagner dans la mise en oeuvre de protocoles expérimentaux d'évaluation de l'impact des messages tests qui seront envoyés via la plateforme (la convention a été signée le 17 décembre 2021 - 74 000 euros TTC)
- 2) le dépôt d'une pré-proposition ANR pour un projet de 3 ans (sur les années 2023-2026), pour Ecouter FR-Alert (3 membres impliqués dans cette ANR sont à nouveau associés pour travailler ensemble)
- 3) la conduit d'un projet sur 5 ans (2021-2026) grâce à une mise en détachement à l'Institut Universitaire de la Recherche (IUF) du coordinateur de cette ANR, Johnny Douvinet)
- 4) des discussions se poursuivront aussi avec les différents prestataires qui sont en charge du déploiement de plateforme d'alerte nationale en Europe

- 4 articles dans des revues internationales à comité de lecture (2 autres articles ont été soumis et 2 autres sont en phase finale de rédaction)
- 2 actes dans des colloques internationaux
- 6 articles de vulgarisation (dont 2 dans le revues Sciences et Avenir et Challenges en novembre 2021)
- 4 vidéos (dont 1 sur les expérimentations à Avignon)

Cap4 Multi-Can’Alert est un projet de développement expérimental s’inscrivant dans le cadre des JO 2024. Il a pour but de développer une solution d’alerte multicanale innovante, qui combine différents canaux de diffusion adaptés aux contextes réglementaire et technologique qui se profilent en France, et qui intègre les besoins des utilisateurs finaux et les réactions à attendre des populations. Pour cela, le consortium créé est inédit : il est composé par 3 industriels (ATRISC, GEDICOM & QWANT) et 2 laboratoires de recherche (ESPACE, Univ. Avignon & CHROME, Univ. Nîmes). Les participants exploreront, testeront et valideront les aspects techniques et scientifiques de façon itérative. La preuve actuelle du concept et les modalités de travail (1 semaine réunissant le consortium par mois, et des interactions régulières avec les administrations centrales – les services de la DGSCGC – et les gestionnaires des sites qui accueilleront les expérimentations – Center Parc, Orange Vélodrome, Avignon Université) permettront de s’adapter à la réalité opérationnelle la plus réaliste possible, et aux demandes (parfois non anticipées) de tous ces acteurs, publics ou privés.

La plateforme qui servira de support initial existe déjà (elle a un niveau de maturité technologique de 9 et elle est utilisée en Belgique), mais de nouvelles briques technologiques y seront combinées pour assurer la diffusion sur les ondes radio, pour éviter la congestion des réseaux de télécommunication, et diffuser sur les téléphones en mode « pair-à-pair » en cas de coupure électrique. Ces innovations permettront de garantir l’acheminement instantané de l’alerte, même en situation dégradée. L’ensemble des compétences et des connaissances capitalisées par le consortium permettra la montée en charge rapide du démonstrateur, pour atteindre un niveau de maturité de 6 en 18 mois. La scénarisation et la réalisation d’exercices en conditions réelles avec divers publics, en lien avec des exercices cadre déjà organisés et d’autres exercices prévus par les autorités en 2020, constitue une prise de risque assumée : conformément à la règlementation, ces mises en situation sont délicates pour des raisons éthiques, déontologiques et juridiques, alors qu’une mise en sécurité rapide et appropriée est l’affaire de tous. La pluralité des sites d’expérimentations permettra de valider la solution envisagée dans des contextes différents (2 sites privés fermés et un lieu public ouvert), ayant des populations hétérogènes et multiculturelles, et de garantir l’industrialisation finale du produit, qui vient répondre à la pluralité des usages et des besoins attendus pour les JO 2024, voire même au-delà.

Ce projet est finalement ambitieux au regard de plusieurs verrous, techniques (permettre la diffusion d'une information en utilisant le Protocole d’Alerte Commun, quels que soient les capacités réseaux d'ondes exploitées, les sites, les événements ou les supports), scientifiques (comment accroître les capacités d’action individuelles et escompter une prise de décision rapide, et comment impliquer le public dans des mises en situation réelles en respectant les règles éthiques, déontologiques et/ou juridiques ?) et opérationnels (comment réduire le délai nécessaire à l’activation de l’alerte institutionnelle et garantir l’acheminement de l’alerte depuis une plateforme numérique, y compris en mode dégradé ?).

Les retombées pour les Jeux Olympiques et paralympiques sont indéniables : faire de l’alerte l’un des piliers de la sécurité de cet événement planétaire ; contribuer à sauver des vies, en rendant le citoyen véritablement acteur de sa propre sécurité ; faire de la France une nation exemplaire dans le domaine de l’intégration du multiculturalisme ; mettre en avant les savoirs français dans le domaine de l’alerte multicanale.

Coordinateur du projet

Monsieur Johnny DOUVINET (Etudes des structures, des processus d'adaptation et des changements de l'espace)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

ATRISC ATRISC
QWANT QWANT
CHROME
GEDICOM STE GALE DISTRIBUTION COMMUNICATION
ESPACE Etudes des structures, des processus d'adaptation et des changements de l'espace

Aide de l'ANR 403 918 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2019 - 18 Mois

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