CE41 - Inégalités, discriminations, migrations

Comprendre la résistance à l'égalité de genre: effets de "backlash" et idéologies de justification du système – URGEN

Résumé de soumission

Les inégalités de genre persistent en France. Par exemple, les femmes continuent de faire face à un plafond de verre au travail, gagnent 18.6% de moins que les hommes, et sont 4.5 fois plus susceptibles d’interrompre leur carrière pour s’occuper de leurs enfants. En psychologie sociale plusieurs modèles s’efforcent d’identifier les facteurs qui motivent le changement social. Cependant, ils négligent la résistance des individus face au changement, ancré dans la motivation à justifier les inégalités sociales. L’objectif général de ce projet de recherche est donc de mieux comprendre les processus de légitimation par lesquels les individus, même lorsqu’ils sont membres de groupes désavantagés (i.e., les femmes) opposent une résistance au changement social vers plus d’égalité, et les conséquences de ces processus en termes d’avancées sociales (e.g., en termes d’action collective). Le projet se fonde sur la Théorie de la Justification du Système (Jost, 2018; Jost & Banaji, 1994) qui propose que les individus sont motivés à considérer le système dans lequel ils vivent, et son fonctionnement (les normes et les règles qui prévalent dans ce système), comme équitable, légitime, naturel et désirable. Pour percevoir le système comme légitime, les individus recourent à des idéologies. Le projet URGEN est organisé en trois Axes, chacun d’entre eux ciblant une idéologie de justification du système spécifique : les stéréotypes de genre (Axe 1), le néolibéralisme (Axe 2), et le maternage intensif (Axe 3). L’Axe 1 s’attachera à aller au-delà des recherches sur l’effet de « backlash » (i.e., les réactions hostiles à l’égard des femmes se comportant d’une façon contraire aux stéréotypes de genre) en (1) se focalisant sur les stéréotypes de genre en fonction de la classe sociale des femmes, (2) en étudiant les effets de « backlash » qui ciblent les femmes selon leur classe sociale, et (3) en examinant comment contrer ses effets négatifs pour le progrès social. L’Axe 2 et l’Axe 3 cibleront les idéologies du néolibéralisme et du maternage intensif. Nous prolongerons les recherches passées en documentant les processus psychosociaux qui sous-tendent le recours à ces idéologies pour maintenir les inégalités de genre. Dans l’Axe 2 l’idéologie néolibérale, et ses valeurs et principes sous-jacents (individualisme, responsabilité personnelle, compétition, méritocratie, etc.), seront examinés au regard des spécificités contextuelles françaises. Nous investiguerons ensuite leur impact potentiellement nuisible pour l’identification féministe et pour l’engagement dans l’action collective féministe. Enfin, dans l’Axe 3, l’idéologie du maternage intensif (Hays, 1996), telle qu’elle est diffusée dans les blogs de mère, sera considérée comme moyen de maintenir la répartition inégalitaire des tâches parentales, et de justifier la hiérarchie de classe sociale entre les mères. En incluant un niveau d’analyse idéologique, peu mobilisé en psychologie sociale en comparaison des autres niveaux (niveaux intra-individuel, interindividuel et intergroupe ; Doise, 1982), ces trois Axes de recherche contribueront à mieux comprendre les barrières à l’égalité de genre. L’originalité du projet tient également à son approche intersectionnelle et à la contextualisation de la recherche. L’étude des médias sociaux (i.e., blogs et Twitter) comme moyens d’empêcher ou au contraire de promouvoir le changement social constitue une contribution supplémentaire de ce projet à la littérature existante. De plus, le projet URGEN s’appuie à la fois sur des méthodes qualitatives et sur des méthodes quantitatives pour atteindre ses objectifs.

Coordinateur du projet

Madame Virginie BONNOT (LABORATOIRE PSYCHOLOGIE SOCIALE: Contextes et Régulation)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

New York University / Social Justice Lab
Université Louvain La Neuve / Psychological Sciences Research Institute
UPDESCARTES -EA 4471 LABORATOIRE PSYCHOLOGIE SOCIALE: Contextes et Régulation
LAPSCO LABORATOIRE DE PSYCHOLOGIE SOCIALE ET COGNITIVE
IRMÉCCEN Institut de Recherche Médias, Cultures, Communication et Numérique

Aide de l'ANR 265 322 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2019 - 36 Mois

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