CE27 - Culture, créations, patrimoine

Etude des processus évolutifs des harpes d'Afrique centrale – Ngombi

Résumé de soumission

Les sociétés humaines partagent la capacité à développer des traits culturels et à les faire évoluer dans des environnements géo-culturels différents qui imposent des contraintes de différents ordres sur les changements culturels. Etant donné la dispersion géographique des sociétés humaines et leur vaste diversité culturelle, ces changements sont variables suivant les populations considérées et la nature des domaines culturels observés.
Les mécanismes qui sont en jeu dans les transformations d’un objet culturel sont encore assez mal connus. S’il est aisément possible de décrire les effets de la diversité et donc les résultats de l’évolution culturelle à un instant donné, les processus mis en place par les sociétés humaines pour se distinguer culturellement les unes des autres sont encore peu étudiés. La musique comme la langue sont deux des domaines culturels partagés par l’ensemble des communautés humaines sur la planète.
Le projet ngombi propose d’étudier les processus évolutifs des instruments de musique de populations de tradition orale en se basant sur une démarche interdisciplinaire associant des méthodes des sciences humaines et des sciences de la vie. Il s’agit ici de comprendre les mécanismes spécifiques d’évolution des instruments, mais aussi l’impact des contextes socio-culturels sur ces mécanismes.
Cette étude, qui se veut exploratoire, concernera plus particulièrement les harpes d’Afrique centrale. Le choix de l’instrument et de la perspective de l’étude sont dus à l’ancrage géo-culturel des recherches des membres de l’équipe porteuse du projet (Centrafrique, Cameroun, Gabon, Congo, Ouganda) et aux orientations de recherche qui y sont développées à savoir la compréhension globale des processus de création, de transformation et de diffusion des éléments des patrimoines musicaux.
Les harpes d’Afrique centrale que l’on rencontre de nos jours, et qui sont présentes sous des formes historiques dans les collections muséales, témoignent de la grande diversité de leurs caractéristiques morphologiques et acoustiques, de leurs répertoires et de leurs appellations. Malgré cette diversité, il est cependant possible de reconnaître certaines ressemblances fondées par exemple sur la forme de la caisse de résonance, la représentation symbolique de l’instrument, les appellations ou la thématique des chants associés. Différents travaux ont montré que ces airs de famille peuvent transcender les caractéristiques identitaires des populations qui les utilisent (ethnonymes, familles linguistiques), mais aussi leur dispersion géographique. Ainsi, une de nos premières hypothèses est que malgré la diversité observée, il est possible de mettre au jour des protoformes (assimilables à des « ancêtres » hypothétiques) sur lesquelles se baserait une catégorisation des harpes par la reconnaissance de traits partagés. Notre objectif est de déterminer si les processus engendrant la diversité des harpes sont concomitantes des transformations de leurs contextes socio-culturels de performance et/ou à des stratégies identitaires de différents niveaux. Il s’agit de vérifier l’hypothèse suivante : les transformations des harpes sont-elles dues à des adaptations à leurs contextes de performance et/ou à une multiplication des marqueurs identitaires (ethniques, linguistiques, techniques, symboliques, etc.) ?
En faisant appel à des objets de collections muséales, mais aussi à des objets étudiés sur le terrain, la nouveauté de notre approche est de ne pas seulement comparer des objets sur les plans organologiques, acoustiques et linguistiques, mais d’introduire également des données anthropologiques qui nous permettrons de prendre en compte les différents facteurs ayant un impact sur la variabilité et la diversité des harpes.

Coordination du projet

Sylvie Le Bomin (MNHN - Eco-Anthropologie)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

MNHN - EA MNHN - Eco-Anthropologie
SU - d'Alembert Institut Jean le rond d'Alembert

Aide de l'ANR 331 587 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2019 - 48 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter