CE27 - Culture, créations, patrimoine

Microcartographie collaborative de données historiques inexploitées: reconstitution des limites communales (France métropolitaine) – COMMUNE-HISDBD

COMMUNE-HisDBD- Microcartographie collaborative de données historiques inexploitées : reconstitution des limites communales (France métropolitaine)

Infrastructure géospatiale de la France 1700-2020<br />Circonscriptions administratives, Populations, Transports, Économie

OBJECTIFS

Nous proposons de 1) produire le premier SIG-historique SIG-H au monde restituant, année par année, de la Révolution à nos jours, les délimitations exactes des communes, en y associant les données de population et l’accès aux réseaux de transports. 2) Développer un modèle multimodal du réseau de transports, support de l’analyse des changements économiques et démographiques de la fin du XVIIIe siècle à nos jours. 3) Représenter et analyser à une échelle très fine quelques-uns des phénomènes démo-socio-économiques. Enrichi d’autres informations historiques, ce SIG-H sera un outil de référence pour les chercheurs en sciences humaines et sociales. <br />Les limites des 41 000 communes métropolitaines, existant ou ayant existé depuis 1790, seront cartographiées dans un Système d’Information Géographique (SIG), pour permettre une reconstitution, année par année, de l’emprise territoriale des différentes circonscriptions administratives, de la commune à la région. Ce maillage communal sera complété par la reconstitution cartographique des voies routières, fluviales et ferroviaires pour l’ensemble de la période. Ce réseau multimodal sera interconnecté et structuré dans une base de données géohistorique, afin de caractériser les vitesses de circulation.<br />À terme, cet outil permettra de relier données démographiques, socio-économiques, environnementales, culturelles, etc. à des unités spatiales fines, à travers le temps et à des paramètres d’accessibilité. Il permettra surtout d’analyser leurs interactions, renouvelant totalement les questions de recherche en sciences humaines et sociales. Des SIG-historiques au niveau municipal existent dans quelques pays européens, mais manque encore à la France. De ce fait, les études historiques s’appuient sur une présentation de l’espace français très (trop) contemporaine.

CREATION ET CROISEMENT DE DEUX SIG-HISTORIQUES :

1) TERRITOIRE ET POPULATION
La méthode proposée s’appuie sur le savoir-faire développé par le Cambridge Group for the History of Population and Social Structure (CAMPOP, Université de Cambridge) qui a réalisé le SIG-H anglais et gallois de 1851, et sur le travail pionnier de Claude Motte, Isabelle Séguy et Christine Théré qui ont recensé, dans une base de données qui est à la source du site Cassini, tous les changements ayant affecté les circonscriptions territoriales de 1801 à 2001.
Pour reconstruire efficacement et avec précision les limites administratives historiques des communes, nous utilisons une combinaison de documents : cartes du Service géographique de l’Armée (SGA), cartes d’État-Major de l’Institut géographique national et forestière (IGN), cadastres napoléoniens, levés topographiques et autres documents textuels et cartographiques, systématiquement collectés dans les services d’archives départementales et municipales. Nous utilisons les versions 2008 et 2019 de la BDTOPO comme couche de base continue à afficher dans ArcGIS/QGIS, et pour géoréférencer les scans et les photographies des cartes des limites des communes historiques.

2) RÉSEAU MULTIMODAL DE TRANSPORTS
La méthodologie s’appuie sur l’expérience précédemment acquise sur la reconstitution du réseau ferré français. Nous retraçons les voies navigables sur la base de cartes, de sites web (projet Babel), de sources de référence (Lalande, Grangez, Geiger, Lesueur, Merger…) et d’archives départementales. Les bases de données BDTOPO et TOPAGE de l’IGN serviront de support pour retracer l’évolution des aménagements selon la méthode de rétropolation en partant de 2020 pour arriver à 1700.
La reconstitution des routes sera effectuée sur la base des cartes de Cassini pour le XVIIIe siècle, des Cartes d'État-Major de l’IGN pour la période XIX-XXe et d’autres documents textuels et cartographiques issus d’archives.

Disposer d'un SIG historique retraçant, année par année, le territoire de chacune des communes métropolitaines permettra d'éviter les biais des études fondées sur les limites communales actuelles (l’année de référence étant généralement 1999). En effet, tenter d’ajuster les données historiques aux frontières modernes introduit des biais importants, qui ne peuvent ni être corrigés, ni même rigoureusement estimés.
Cet outil offrira donc le niveau de précision le plus fin pour de nouvelles analyses quantitatives, utilisant des sources historiques adossées aux unités administratives du moment. En effet, l’analyse de recensements, d’enquêtes industrielles et agricoles, de données d'état civil requiert un niveau de résolution communal.

Associer un système multimodal de transport permettra d'analyser les évolutions et les mutations socio-économiques et démographiques qui se sont produites sur le territoire national, au cours de ces deux siècles et demi, de façon dynamique, en incluant les effets que les changements d’infrastructure, de vitesse et d’accessibilité peuvent entraîner sur la structuration des territoires et la distribution spatiale de la population.

Méthodes de calcul des temps de parcours :
Après avoir retracé les trois modes de transport, la mise en intermodalité des réseaux s'appuiera sur la théorie des graphes, utilisant des connecteurs entre les différents réseaux. Les vitesses de déplacement seront estimées à partir des évolutions technologiques relevées dans la littérature. Sur cette base, des calculs de temps de parcours seront évalués pour chaque décennie entre 1700 et 2020. Des cartes d’accessibilité permettront ainsi rendre compte de l’incroyable évolution des vitesses sur le temps long. Ces mesures seront également mises à profit pour étudier des relations de causalité selon les évolutions démographiques, agricoles et économiques issues de la base de données communales.

Les perspectives d'utilisation de cette Infrastructure géospatiale sont considérables, à la mesure de la diversité des questionnements présents, et à venir, des chercheurs en sciences humaines et sociales.
Outre une production scientifique substantielle, cette infrastructure se prêtera également à des usages éducatifs et à des exploitations par les administrations et par le grand public.

- Ouverture à la communauté scientifique de l’ensemble de notre production, ce qui garantira la transparence, la traçabilité et la diffusion de nos travaux.
- Versement aux Archives nationales des matériaux d’étude pour assurer leur conservation pérenne.
- Diffusion auprès du grand public via Géoportail et Remonter le Temps, de l’IGN, Geneanet et Travel in Times.

Nous proposons de 1) produire le premier SIG-historique SIG-H au monde restituant, année par année, de la Révolution à nos jours, les délimitations exactes des communes, en y associant les données de population et l’accès aux réseaux de transports. 2) Développer un modèle multimodal du réseau de transports, support de l’analyse des changements économiques et démographiques de la fin du XVIIIe siècle à nos jours. 3) Représenter et analyser à une échelle très fine quelques-uns des phénomènes démo-socio-économiques. Enrichi d’autres informations historiques, ce SIG-H sera un outil de référence pour les chercheurs en sciences humaines et sociales. Un tel outil manque à la recherche française et européenne car, faute de s'être appuyées sur des documents historiques, aucune des tentatives précédentes n'a réussi à produire une base de données cartographique fiable et précise de tous les changements de limites administratives.
Ce projet associe des chercheurs de l'Institut national d'études démographiques (INED), du Cambridge Group for the History of Population and Social Structure (CAMPOP, Université de Cambridge), du Laboratoire ThéMA de l’université de Bourgogne-Franche-Comté. Il bénéficie en outre de l’implication de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) et du soutien actif des plus éminents chercheurs européens, réunis dans l'Advisory Board. De jeunes chercheurs et des assistants de recherche contractuels très qualifiés complèteront l’équipe. L'association unique de l'expertise historique et cartographique de nos équipes garantit le succès de cet ambitieux programme.
Grâce aux travaux pionniers de Séguy et Théré, recensant tous les changements administratifs depuis 1801, dont ceux ayant affecté les communes, et à l’expérience acquise par le CAMPOP avec la création du 1851 English and Welsh GIS, nous avons mis au point une méthode pour reconstituer les limites administratives historiques avec efficacité et précision. Nous combinerons l'étude de sources historiques et cartographiques (dont les cartes produites par Service Géographique de l'Armée (SGA) et par l'IGN), ainsi que d'autres documents cartographiques issus d'archives administratives locales et de plans cadastraux. À l'échelle nationale, environ 15% des communes requerront une campagne systématique de numérisation des cartes historiques pour pouvoir identifier et reconstruire les limites administratives anciennes. Les travaux préliminaires menés ces deux dernières années ont validé nos estimations initiales et confirmé la faisabilité du projet dans le temps imparti et en respectant des contraintes financières strictes. Pour la partie infrastructure de transport, l’expérience acquise par le laboratoire ThéMA, à l’occasion de la constitution du SIG historique sur le réseau ferré français, sera mise à profit pour compléter le réseau routier et reconstituer les voies navigables.
Les retombées attendues sont : 1) Production du premier et unique SIG-Historique retraçant, avec fiabilité, reproductibilité et précision, l’évolution des territoires communaux et du réseau de transports de 1790 à nos jours. La méthodologie de haut niveau que sa création nécessite pourra être appliquée par d’autres pays. 2) Son croissement avec de grandes bases de données pour des analyses quantitatives et des études comparatives fines, renouvelant la recherche en histoire. 3) Construction d’un réseau multimodal permettant d’estimer des temps de parcours et de mesurer les effets des réseaux sur le territoire et le développement économique. 4) Ouverture à la communauté scientifique de l’ensemble de notre production, via le TIR Huma-Num, ce qui garantira la transparence, la traçabilité et la diffusion de nos travaux. Versement aux Archives nationales des matériaux d’étude pour assurer leur conservation pérenne. 5) Diffusion auprès du grand public via Géoportail et le portail Remonter le Temps, de l’IGN, Généanet et Travel in Times.

Coordination du projet

Isabelle SEGUY (Histoire et populations)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CAMPOP Université de Cambridge / CAMPOP
HISTOIRE Histoire et populations
ThéMA THEORISER ET MODELISER POUR AMENAGER - UMR 6049

Aide de l'ANR 417 045 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2019 - 36 Mois

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