CE41 - Inégalités, discriminations, migrations

Pour des nuits urbaines durables et inclusives – SMARTNIGHTS

Résumé de soumission

Des notions telles que celles de la ville « 24 heures sur 24 » ou de la « ville festive » ne soulignent pas seulement l’importance de la nuit urbaine dans la revitalisation de beaucoup de villes désindustrialisées mais aussi la « nocturnalisation » croissante de la vie quotidienne dans la société occidentale. L’économie de la nuit est devenue une des clés de l’économie urbaine, un élément crucial de la stratégie marketing de beaucoup de villes, de leur réputation internationale, tout autant qu’un facteur important de leur compétitivité touristique. Cependant, au-delà de ces potentialités, le développement de la vie nocturne est aussi caractérisé par des tendances négatives. Dans ses dimensions sociale, raciale et spatiale, l’économie de la nuit reste nettement fragmentée. Elle est dominée par la jeunesse blanche (15-35 ans) tandis que les populations d’origine non-européenne, les classes sociales les moins riches, les femmes, les plus âgés en sont plus ou moins exclues. Dans le même temps, l’expansion récente de cette économie de la nuit suscite des problèmes croissants de bruit et de comportements asociaux ou violents liés aux consommations excessives d’alcool et de drogue (Gwiazdzinski, 2007).
Malgré le nombre croissant d’études sur ces dynamiques, beaucoup d’entre elles continuent d’en ignorer certaines dimensions. En particulier, les effets produits par l’expansion récente de la vie nocturne dans des villes universitaires de taille moyenne a suscité peu d’attention. Cela doit être rapproché de l’impréparation face à l’augmentation de divers problèmes de la vie nocturne dans de nombreuses villes universitaires de taille moyenne (Crozat, 2008). En effet, beaucoup de villes découvrent une augmentation des problèmes graves concernant la coexistence entre les résidents et les usages de loisirs nocturnes alcoolisés (Nofre et al., 2017; Nofre et al., 2018). Ces dynamiques dégradent souvent la qualité de vie pendant la soirée et remettent en cause l’idée d’une coexistence harmonieuse entre groupes sociaux urbains.
L’objectif de ce projet est de constituer une base de connaissances pour développer des politiques et régulations cohérentes de la vie nocturne étudiante en déchiffrant les sources d’inégalité et de conflits qui se développent à la suite de l’expansion récente de cette vie nocturne étudiante. Dans cette étude, la vie nocturne est définie par les pratiques de consommation et les activités réalisées pendant la soirée par les jeunes et des populations d’autres âges, qui se déroulent dans l’espace public ou des établissements nocturnes tels que les bars, discothèques, cinémas, théâtres, ainsi que dans les équipements et évènements spécifiquement dédiés aux étudiants. Ces questionnements sont clairement théorisés mais ils ne peuvent trouver de réponse qu’à partir d’une approche empirique rigoureuse au moyen de la méthode comparative. Le projet rassemble des chercheurs qui ont montré par leurs travaux (doctorats ou publications ultérieures) leur capacité à explorer d’un côté l’évolution de la nuit urbaine et de l’autre l’observation de la jeunesse. Ce groupe conduira une étude approfondie sur les pratiques nocturnes dans quatre villes universitaires de taille moyenne : 1) Montpellier 2) Reims, 3) Lyon, 4) Grenoble.

Coordinateur du projet

Monsieur Dominique CROZAT (Acteurs, ressources et territoires dans le développement)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

TRIANGLE/CNRS TRIANGLE : ACTION, DISCOURS, PENSEE POLITIQUE ET ECONOMIQUE
HABITER HABITER
ART-Dev Acteurs, ressources et territoires dans le développement
PACTE Pacte - Laboratoire de sciences sociales

Aide de l'ANR 332 989 euros
Début et durée du projet scientifique : novembre 2018 - 36 Mois

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