Les hôpitaux chinois en Afrique subsaharienne: une nouvelle forme de coopération sanitaire? – SINAFRHOSP
Le système public hospitalier en Afrique est en crise. La récente épidémie liée au virus à fièvre hémorragique Ebola en Afrique de l’Ouest a montré l’impuissance des hôpitaux face au risque sanitaire. Pourtant, le paysage hospitalier connaît de profondes transformations qui recouvrent une diversification des pratiques de soins (recours thérapeutiques), l’émergence de projets de réformes nationaux (pour plus d’équité, pour renforcer le système de santé, l’hygiène hospitalière). La Chine s’impose comme un acteur incontournable, à travers le financement et la construction de dizaines d’hôpitaux à travers le continent. Alors que le développement sanitaire hospitalo-centré semblait avoir atteint ses limites et dans la suite du modèle portable des camps de traitement d’urgence (tentes humanitaires), la construction d’hôpitaux chinois clés en main représente un nouveau type d’intervention internationale généralisé ces dernières années dans une majorité de pays africains. En documentant le cas particulier du Niger, un pays très dépendant de l’aide internationale, l’on interrogera l’hypothèse d’une réaffirmation d’un modèle hospitalo-centré reposant sur une nouvelle configuration d’acteurs et d’enjeux économiques et politiques.
Ce projet propose d’analyser les reconfigurations sociales, économiques et politiques en cours autour des hôpitaux chinois en Afrique en réalisant une étude approfondie de l’hôpital général de référence de Niamey au Niger, depuis son inauguration récente en 2016, afin de comprendre son rôle dans la planification sanitaire, son insertion dans la ville et dans les politiques nationales et internationales de développement.
Ce projet déploie une méthodologie mixte, à dominante qualitative, visant à articuler différentes approches d’un sujet se prêtant particulièrement bien à une approche pluridisciplinaire (sociologie, économie, géographie urbaine). Cette approche méthodologique mixte comprend une approche principalement qualitative enrichie par une enquête quantitative (enquête transversale auprès des usagers de l’hôpital) et une étude en géographie urbaine. L’enquête qualitative comprend la réalisation d’une enquête ECRIS, enquête collective rapide d’identification des groupes stratégiques, des observations ethnographiques et des entretiens semi-directifs. Le volet quantitatif comprendra une afin de documenter les motifs de fréquentation, l’appréciation de la qualité des services et leur accessibilité économique et géographique. J’assurerai la conduite de cette enquête avec l’appui de collaborateurs du CERMES3 et du LASDEL ainsi qu’avec l’appui de Sylvie Boyer, enseignant-chercheur en économie de la santé, et je collaborerai pour l’enquête en géographie urbaine avec un cabinet spécialisé dans la réalisation d’études urbaines.
La complémentarité des approches est assurée par un travail sur des thématiques et indicateurs communs qui sont proposés et travaillés collectivement dans le cours de l’enquête. A partir de cette étude approfondie du cas du Niger, je souhaite élaborer d’outils d’enquête et d’analyse systématisée d’étude des hôpitaux en Afrique adaptés aux contextes et aux enjeux de santé. Ce travail contribuera à éclairer le dynamisme économique et politique des sociétés africaines, insérées dans la globalisation et apportera une contribution innovante sur la santé mondiale en renouvelant l’étude des hôpitaux dans les systèmes de santé.
Coordination du projet
Fanny Chabrol (Institut de Recherche pour le Développement - UMR CEPED)
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Partenariat
CEPED Institut de Recherche pour le Développement - UMR CEPED
LASDEL Laboratoire d'Etudes et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local
Aide de l'ANR 58 920 euros
Début et durée du projet scientifique :
février 2018
- 24 Mois