DS0803 -

DIvision Sexuée du travail domestique et parental dans les COuples Diplômés – DISCORD

Division sexuée du travail économique, domestique et parental dans les couples à Dakar

Ce projet porte sur la division sexuée du travail économique, domestique et parental dans les ménages Dakarois. Il focalise l’attention sur les femmes mariées, actives et diplômées du supérieur, avec l’hypothèse qu’elles sont pionnières dans différents domaines, mais s’intéresse aussi à d’autres catégories de femmes, précisément pour mieux tester cette hypothèse. Décliné en trois axes de recherche, il s’appuie sur une méthodologie mixte et une équipe de recherche plurielle.

Étudier la division socio-sexuée du travail pour comprendre la dynamique des rapports de genre et leur transformation dans les capitales ouest-africaines.

Le projet s’inscrit dans la continuité directe du projet exploratoire ARTIFAM (« Articulation travail/famille à Dakar », GIS-Genre, 2014-16) qui a permis de réaliser une vingtaine d’entretiens auprès de femmes de profils diversifiés à Dakar. Il élargit le champ d’analyse grâce à la production d’une enquête quantitative qui permet des comparaisons entre différents milieux sociaux à Dakar et avec les données du programme FAGEAC (« Familles, Genre et Activités », ANR, 2011-14), conduit à Cotonou, Lomé et Ouagadougou. <br />Le projet se décline en trois axes de recherche complémentaire. Il s’agit en premier lieu de reconstituer finement les parcours scolaires des femmes diplômées de l’enseignement supérieur, d’identifier leurs motivations à effectuer des études longues, puis à s’imposer comme professionnelles. Le deuxième axe vise à questionner la manière dont une fois mariées et mères, les femmes diplômées et actives parviennent à conjuguer charges familiales et investissement professionnel. Objet de préoccupations scientifiques et politiques dans les pays européens, l’articulation travail/famille reste un sujet quasi-inexistant des politiques sociales, économiques et de recherche en Afrique subsaharienne. Les changements de ces dernières décennies dans les capitales ouest-africaines suggèrent pourtant qu’il s’agit là d’une question fondamentale dans ces espaces sociaux. En troisième lieu, le projet se donne pour objectif d’étudier, sous diverses facettes, la socialisation de genre qui s’exerce sur les enfants au sein de la famille, autre processus déterminant de la production des inégalités femmes/hommes.

Le projet croise matériaux quantitatifs et qualitatifs, de façon à permettre un relevé des grandes tendances statistiques et une comparaison entre milieux sociaux favorisés et moins favorisés et une compréhension fine des dynamiques sociales à l’œuvre en particulier dans les couples bien dotés scolairement. L’équipe a d’abord procédé à l’analyse secondaire de données existantes, en se centrant sur des enquêtes récentes (postérieures à 2010) ayant intégré des questions sur l’organisation domestique (ESPS 2011) et les rapports de genre (EDS 2011) ou encore sur le travail et l’emploi des femmes (RGPHAE 2013 et ENES 2015). Elle a également conçu et réalisé, à Dakar, une enquête quantitative transversale (l’enquête FORTE : Femmes et Organisation Travail-Famille) auprès de 1200 ménages et 1000 femmes, qui permet des comparaisons avec les données du programme FAGEAC dont elle s’est inspirée. Enfin des entretiens biographiques ont été menés auprès de femmes surtout, et de manière plus ponctuelle, auprès de couples et d’hommes de différents milieux sociaux.

Le projet a été conduit par une équipe de chercheuses françaises et sénégalaises, junior et senior, issues de différentes disciplines et de traditions méthodologiques variées. Il a aussi associé, dans un comité dit consultatif, différentes structures et organisations locales et internationales.

Tandis que la vie familiale (union et maternité) peut représenter des freins à l’activité économique des femmes, le travail rémunéré est pourtant devenu moins l’option que la norme : il concerne, à Dakar, une majorité de femmes mariées. Pour autant, il ne libère pas les femmes du travail domestique et de care familial qui leur incombe socialement et qui, selon le profil des femmes et celui du ménage dans lequel elles vivent, peut être particulièrement lourd. En l’absence d’ajustements de la part des époux, la principale stratégie des femmes est de déléguer tout ou partie du travail domestique via le recours à une main-d’œuvre d’appoint (familiale, domestique ou externalisée), essentiellement féminine, faiblement ou non rémunérée. Du fait du conservatisme des hommes, peu bousculé par les femmes, l’émancipation des femmes instruites par le travail n’est finalement possible que par le maintien d’autres femmes dans une relation d’inégalité.

Le travail d’articulation entre données quantitatives et données qualitatives a été amorcé mais reste à compléter. L’objectif est de nourrir l’interprétation des données quantitatives avec les données qualitatives et d’opérer un va et vient critique entre outils quantitatifs et qualitatifs. Le projet DISCOrD entendait par ailleurs compléter les travaux comparatifs entamés dans le cadre du programme FAGEAC. Avec l’introduction de Dakar, il s’agissait d’enrichir les comparaisons entre pays où le travail rémunéré des femmes est une pratique ancienne et forte, comme le Togo et le Bénin, et pays où la participation des femmes à l'économie marchande a pris de l’ampleur plus tardivement, comme le Burkina Faso ou le Sénégal. Les travaux ont surtout été centrés sur Lomé et Dakar (et plus marginalement sur Ouagadougou). L’un des objectifs pour la suite est d’approfondir la réflexion sur les aspects trans-sociétaux des inégalités femmes/hommes, en incluant les autres capitales africaines du projet FAGEAC, mais aussi des capitales occidentales. Un réseau de recherche élargi, associant des chercheur.es travaillant au Nord et au Sud autour d’un nouveau programme international/européen est en cours de constitution.

Une stratégie diversifiée de diffusion des résultats a été élaborée et a donné lieu à une riche production scientifique et de valorisation : un ouvrage collectif et numéro spécial de revue sont en cours de préparation ; des articles scientifiques et de « vulgarisation » ont été ou vont être publiés ; l’équipe a participé et organisé plusieurs manifestations et séminaires scientifiques ; enfin plusieurs rencontres et ateliers de restitution des résultats auprès de décideurs locaux (ministères), internationaux (ONU-Femmes, UNESCO, UNICEF, …) et auprès de la société civile (ONG, enquêteurs et enquêtrices du projet) ont eu lieu. Les matériaux collectés sont le support d’activités de formation à la recherche par la recherche : huit mémoires de niveau master 2 (sociologie/statistiques) ont été produits ; une thèse de sociologie et une habilitation à diriger des recherches (sociologie/démographie) sont en cours d’écriture. La documentation des bases de données quantitatives et de leurs métadonnées et la mise à disposition de celles-ci sur le site ANADS de l’ANSD (http://anads.ansd.sn/index.php/catalog/236 ) est un autre temps fort de la valorisation du travail accompli.

Ce projet porte sur la division sexuée du travail domestique et parental dans les couples sénégalais. Il centrera l’attention sur les femmes dakaroises actives diplômées de l’enseignement supérieur, avec l’objectif de mettre au jour les effets sociaux de leur irruption dans des bastions qui se conjuguent, encore aujourd’hui, essentiellement au masculin. Le projet s’inscrit dans la continuité directe du projet exploratoire « Articulation travail/famille à Dakar » (ARTIFAM, GIS-Genre, 2014-15) qui a permis de réaliser une vingtaine d’entretiens auprès de femmes de profils diversifiés à Dakar. Il entend élargir le champ d’analyse grâce à la production d’une enquête quantitative qui permettra des comparaisons entre différents milieux sociaux à Dakar puis, dans un second temps, avec les données du programme « Familles, Genre et Activités » (FAGEAC, ANR, 2011-14), appuyant une réflexion méthodologique, théorique et politique sur les aspects trans-sociétaux des inégalités femmes/hommes. Ce projet constitue un tremplin pour développer de nouvelles initiatives, qui concerneront plus particulièrement les aspects comparatifs des recherches. La création d’un réseau de recherche élargi, incluant des travaux récents menés au Nord, forgera les bases d’un nouveau programme international/européen visant à revisiter la bi-catégorisation classique Nord/Sud. Le projet se décline en trois axes de recherche complémentaires : (1) Parcours et profils des femmes diplômées et actives (2) Division socio-sexuée du travail dans les couples diplômés et (3) Modèles éducatifs et socialisation sexuée. Il croisera matériaux quantitatifs et qualitatifs, de façon à permettre un relevé des grandes tendances statistiques, une comparaison entre milieux sociaux favorisés et moins favorisés et une compréhension fine des dynamiques sociales à l’œuvre en particulier dans les couples bien dotés scolairement. Il s'agira tout d’abord de procéder à l’analyse secondaire de données existantes puis de concevoir et de réaliser, à Dakar, une enquête quantitative transversale qui permette, à terme, des comparaisons avec les données du programme FAGEAC dont elle s’inspirera. Des entretiens biographiques seront menés auprès de couples, principalement diplômés mais aussi d’autres milieux sociaux. Le projet s’étalera sur 36 mois. Cette durée se justifie par la nature du projet qui vise à produire des données quantitatives de grande ampleur et des données qualitatives approfondies (par entretiens et observation directe). Il sera conduit par une équipe de chercheuses françaises et sénégalaises, junior et senior, issues de différentes disciplines (démographie, sociologie, anthropologie, statistiques), et de traditions méthodologiques (quantitatif/qualitatif) variées assurant des conditions appropriées et fiables pour la réalisation et le succès du projet, assis sur l’entrecroisement des méthodes et des terrains. Le projet propose un éclairage scientifique nouveau sur des problématiques ayant de fortes implications sociales et politiques pour les sociétés africaines contemporaines : activités des femmes, articulation travail/famille, parentalité, enfance et éducation. L’équipe contribuera, par ce travail, aux débats académiques à différentes échelles nationales et internationales, auprès de la communauté scientifique, des décideurs politiques et de la société civile. Elle développera une stratégie diversifiée de diffusion des résultats : ouvrage collectif; articles scientifiques et de « vulgarisation »; documents de travail et lettre d’information en ligne; réalisation de portraits filmés et de CDRoms; organisation de manifestations scientifiques et de rencontres avec différents types de publics. Par la richesse des matériaux collectés et des analyses à venir, il garantit à la coordinatrice de nouvelles opportunités professionnelles, notamment via la rédaction d’une habilitation à diriger des recherches, autorisant l’accès au statut de professeure des universités.

Coordination du projet

Laure MOGUEROU (Laboratoire population-Environnement-Développement/Institut de Recherche pour le Développement)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

LPED/IRD Laboratoire population-Environnement-Développement/Institut de Recherche pour le Développement

Aide de l'ANR 109 249 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2016 - 36 Mois

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