DS0408 -

Rôle de la classe des Ig / BCR dans les interactions cellulaires supportant la mémoire immune et impact immunopathologique – Ig-MemImpact

Résumé de soumission

Les réponses immunes humorales correspondant à la mémoire immune de longue durée contre les pathogènes et les vaccins sont notamment prises en charge par deux acteurs majeurs et à longue vie du système immunitaire: des plasmocytes producteurs persistants d'anticorps protecteurs, et des cellules "B mémoires" assurant une surveillance face au retour éventuel de l'antigène. Dans un tel cas, ces lymphocytes sont alors capables d'engager rapidement un processus qui conduira à la production abondante d'anticorps "améliorés" (fonctionnellement diversifiés par la commutation de classe et de meilleure affinité que les cellules et anticorps de primo-immunisation).
Comme les cellules T, les B se répartissent dans différents compartiments fonctionnels (notamment en termes de cellules B mémoires, de fonctions et phénotypes variés), dont les frontières restent mal définies. Il n'est aujourd'hui pas établi si la classe du BCR constitue ou non un élément significativement différenciant des compartiments B-mémoires. Il est par contre clair que les B-mémoires ont besoin du support de cellules d'autres lignées, telles que les cellules Tfh et les cellules stromales des tissus lymphoides. Il existe en retour des indications que les cellules B pourraient moduler la fonction des cellules de leur micro-environnement de support, une telle modulation s'exerçant tant par des cytokines d'origine B que potentiellement par les anticorps produits eux-mêmes, ceux-ci ayant la capacité de se lier et d'induire des signaux spécifiques sur une variété de récepteurs Fc exprimés par le stroma lymphoïde.
Notre projet combine l'expertise de l'Equipe 1 sur l'aspect "B-intrinsèque" de la réponse immune, à celle de l'Equipe 2 sur la physiologie des cellules T follicular helper (Tfh) , et enfin à celle de l'Equipe 3,sur la caractérisation des cellules stromales des tissus lymphoïdes et l'étude de leur dialogue fonctionnel avec les populations T et B. Les équipes exploreront ensemble le lien entre la classe du BCR puis de l'anticorps produit et les propriétés intrinsèques de la cellule B, ainsi que l'impact de ce phénotype classe-dépendant sur les autres populations cellulaires des tissus lymphoïdes lors de l'établissement de la mémoire immune. Des modèles ad hoc seront construits au long du projet et le plus élaboré constituera en lui-même un objectif du projet.
La mémoire B est aujourd'hui une question majeure à la fois pour l'immunologie fondamentale, la vaccinologie et l'immunopathologie. Il apparaît crucial de déterminer comment s'établit une protection à long terme contre un pathogène après une primo-infection ou une vaccination. En effet, beaucoup de vaccinations sont pratiquées aujourd'hui dans l'enfance pour la prévention de pathologies infectieuses (et des sarcomes qui peuvent compliquer certaines de ces infections). Cependant, la sévérité de ces infections pouvant éventuellement être plus élevée chez l'adulte que chez l'enfant, il est hautement souhaitable que ces vaccinations initient une mémoire immune de très longue durée.
En dehors des questions de protection anti-infectieuse ou anti-tumorale, la mémoire immunitaire participe aussi au "mauvais côté" des réponses immunes, et participer à la persistance de pathologies dysimmunitaires chroniques dues à des réponses adverses et inappropriées (auto-immunes ou allergiques).
La question de la mémoire immune est donc relevante tant au champ de la prévention ou du traitement des maladies infectieuses, qu'à l'immunothérapie du cancer ou des pathologies tumorales, ou qu'au management à long terme de l'immunopathologie. Dans ces pathologies, une compréhension détaillée des mécanismes (et des pistes potentielles pour les contrôler) serait d'une grande importance tant théorique que clinique et pourrait se traduire en termes de meilleure prise en charge des patients et de meilleurs protocoles d'immunothérapie.

Coordinateur du projet

Monsieur michel cogné (Contrôle de la réponse Immune)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

MICA U917 INSERM
CRIBL Contrôle de la réponse Immune
CPTP Centre de Physiopathologie de Toulouse-Purpan

Aide de l'ANR 689 648 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2016 - 36 Mois

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