CE28 - Apprentissage - Education - Inégalités

MARGinalisation/INclusion : les effets à moyen/long terme des politiques de régulation de la pauvreté étrangère sur les populations-cibles : le cas des migrants dits « roms » dans les villes d’Europe occidentale (France, Italie, Espagne). – MARG-IN

Résumé de soumission

A partir du cas des migrants roumains désignés comme « roms » et en situation précaire dans une vingtaine de villes de France, d’Italie et d’Espagne, nous analysons les effets sociaux dans la durée des politiques de régulation de la pauvreté étrangère en concentrant notre attention sur les mobilités résidentielles, sur les modes d’insertion économique et les pratiques de survie, ainsi que sur les modes de socialisation et d’inscription territoriale. En privilégiant l’observation des modes de vie, notre objectif est de renouveler les méthodes d’analyse et d’évaluation des politiques de lutte contre la pauvreté. En effet, l’approche micro-économique qui prévaut aujourd’hui ne permet pas d’analyser finement, en les replaçant dans leur contexte, les processus d’interaction entre les politiques mises en œuvre, d’un côté, et, de l’autre, les pratiques et les stratégies de leurs destinataires. Or ces processus jouent un rôle majeur dans l’inclusion et l’empowerment des populations en situation de grande précarité. Nous privilégierons la démarche comparative qui vise à identifier des similarités et des différences dans les phénomènes observés en mettant l’accent sur les effets de contexte. Pour le recueil de données, nous avons fait le choix de l’enquête ethnographique. Nous réaliserons également 200 entretiens semi-directifs sur les modes de vie et/ou récits de vie reconstitués à partir des entretiens informels et des observations de terrain. Ces données seront regroupées au sein d’une base de données : Marg-In Dataset. L’analyse biographique sera privilégiée mais nous mobiliserons aussi les méthodes de personal network analysis, de traitement numérique et de cartographie des mobilités. Face à des terrains a priori difficiles d’accès, nous avons fait le choix de constituer une équipe de chercheurs ayant déjà une connaissance approfondie du terrain et des échantillons de données. Cette solution garantira un accès facile aux enquêtés et des informations de qualité. Pour l’échantillonnage, nous viserons moins la représentativité que l’exemplarité. Le choix de l’échantillon se fera en fonction des grands types de situations résidentielles observées - logement ordinaire, habitat précaire toléré et hébergement dans des dispositifs dédiés, errance forcée, retour en Roumanie – tout en tenant compte d’autres variables comme le genre, l’expérience migratoire et le passage par des dispositifs d’hébergement et d’insertion pour une partie des enquêtés. Si nécessaire, nous ferons évoluer l’échantillon en fonction des données recueillies sur le terrain et des informations fournies par les enquêtés (Respondent-Driven Sampling). Outre les spécialistes des minorités roms, notre équipe (31 chercheurs) compte des spécialistes des modes d’habiter, de l’insertion sociale et économique et des politiques publiques. Presque tous les chercheurs ont déjà travaillé ensemble au sein du réseau URBA-ROM. Ce projet marque une nouvelle étape de notre recherche, tout à fait innovante par rapport à ce qui a été fait jusqu’à maintenant en Europe. Le programme se déroulera sur trois ans. Les deux premières années seront consacrées aux enquêtes de terrain et à l’analyse des données, la troisième à la communication scientifique et à la valorisation. Les résultats attendus sont importants puisqu’à partir de l’observation des modes de vie des migrants roms en situation précaire, il s’agira d’identifier les processus d’inclusion ou, au contraire, de marginalisation à prendre en compte pour la construction des politiques à venir. Le projet MARG-IN constituera par ailleurs une contribution majeure à la lutte contre les préjugés et les discriminations dont les migrants roms sont victimes ces dernières années en Europe occidentale.

Coordinateur du projet

Cités Territoires Environnement et Sociétés (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Cités Territoires Environnement et Sociétés
Fondation Nationale des Sciences Politiques
Migrations internationales, espaces et sociétés

Aide de l'ANR 249 050 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2015 - 36 Mois

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