DS0303 - Matériaux et procédés

Voies de synthèse alternatives pour la fabrication innovante de combustible nucléaire – ASTUTE

Résumé de soumission

Le contexte économique et les besoins énergétiques actuels et futurs poussent aujourd’hui la France à accroître son indépendance énergétique. A cette fin, la politique énergétique française s’est orientée vers un cycle du combustible nucléaire fermé qui se caractérise notamment par le recyclage du plutonium issu du combustible usé et son intégration dans un oxyde mixte de type (U,Pu)O2 appelé MOX (Mixed Oxide Fuel), combustible pour les réacteurs de génération II et III. Ainsi, outre la préservation des ressources naturelles et l’indépendance énergétique, ce recyclage permet de réduire la radiotoxicité à long terme des déchets radioactifs ultimes.
Actuellement, la fabrication de combustible MOX présente plusieurs inconvénients. En effet, celle-ci, à travers l’utilisation de co-broyage de poudres d’oxydes simples conduit à la dissémination de fines particules dans les unités de fabrication, augmentant ainsi les risques de contamination du personnel ou de rétention de la matière nucléaire. De plus, cette méthode par voie sèche génère dans le MOX final une répartition non homogène du plutonium posant potentiellement des problèmes de points chauds lors de l’irradiation en réacteur mais aussi des problèmes liés à la formation de phases insolubles limitant l’étape de dissolution inhérente au retraitement du combustible usé.
En vue de lever ces verrous technologiques, des voies alternatives de synthèse d’oxydes (U,Pu)O2 ont été étudiées à l’international (dénitration thermique, précipitation ammoniacale, oxalique…). Les procédés développés requièrent néanmoins tous des étapes supplémentaires contraignantes (pré-concentration des flux nitriques, ajustement valenciel des actinides en solution, étape de réduction, broyage) avant précipitation et/ou avant mise en forme des précurseurs oxydes.
Afin d’aller au-delà de ces limitations, ce projet propose d’explorer de nouvelles voies de synthèses en se basant sur une expertise forte dans le domaine de la chimie en solution et de la conversion et au travers d’une collaboration de longue date menée entre le CEA de Marcoule et l’UCCS de Lille. Les voies de chimie douce sélectionnées permettront d’assurer une meilleure homogénéité de l’oxyde mixte formé, en un nombre limité d’étapes élémentaires, et devront conduire à des procédés innovants adaptés aux contraintes industrielles. Ces méthodes présenteront également l’avantage d’être applicables pour la fabrication de cibles de transmutation à base d’actinides mineurs destinées à être irradiées dans les RNR de 4ème génération de type ASTRID.
Trois voies de synthèse seront évaluées :
- La voie de référence oxalique sera étendue à d’autres états de valence des actinides et l’ajout d’additifs adaptés permettra de mieux contrôler la morphologie des oxalates pour une meilleure compatibilité avec une mise en œuvre industrielle ;
- La voie par imprégnation de résines échangeuses d’ions sera étudiée afin d’obtenir des précurseurs microsphériques adaptés-de par leur coulabilité et leur propriétés mécaniques- aux étapes de mise en forme ;
- La gélification par voie polymère (gélification externe) appliquée à ces systèmes devrait permettre d’accéder à des composés pulvérulents agglomérés et homogènes présentant une grande réactivité. Par cette voie, il est notamment envisagé de pouvoir abaisser industriellement les températures de densification du combustible.
Les développements seront réalisés dans un premier temps sur systèmes simulants à base de lanthanides et d’actinides légers (uranium et thorium) puis dans un second temps en fonction des résultats obtenus sur les étapes ultérieurs de conversion thermique, mise en forme et densification et après caractérisations associées, une transposition aux systèmes à base d’actinides transuraniens sera réalisée pour les cas les plus prometteurs.
La compatibilité des choix scientifiques avec la faisabilité technique et industrielle sera alors évaluée dans chacun des cas.

Coordinateur du projet

COMMISSARIAT A l'ENERGIE ATOMIQUE ET AUX ENERGIES ALTERNATIVES (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Unité de Catalyse et de Chimie du Solide
Laboratoire Science des Procédés Céramiques et de Traitements de Surface
ARMINES Centre SPIN de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne
COMMISSARIAT A l'ENERGIE ATOMIQUE ET AUX ENERGIES ALTERNATIVES

Aide de l'ANR 462 241 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2015 - 36 Mois

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