DS10 - Défi de tous les savoirs 2014

Reconnecter l'Afrique: l'Afrique subaharienne et le Monde avant l'impérialisme européen – GLOBAFRICA

Résumé de soumission

Porté par l’USR 3336, GLOBAFRICA est un programme d’histoire ambitieux qui entend repenser l’intégration de l’Afrique avec le reste du Monde sur la longue durée. Ce projet multidisciplinaire propose ainsi de fonder de nouveaux outils pour donner une vision équilibrée des connexions qui reliaient l’Afrique aux autres continents avant la traite du XVIIIe et le colonialisme du XIXe siècle – une vision aussi éloignée du postulat simpliste d’une Afrique isolée que de la réification à outrance de connexions encore largement méconnues. Des phénomènes tels que les dynamiques de peuplement, les crises démographiques et épidémiologiques mais aussi la complexification sociale et les formations étatiques ou culturelles sont donc abordés sous l’angle des échanges intercontinentaux. Pour ce faire, l’attention portera tout particulièrement sur les relations entre d’une part, les interfaces océaniques et saharienne, et, d’autre part, les configurations politiques et sociales de l’intérieur du continent. Jusqu’où, jusqu’à quel point et à partir de quand faut-il considérer le continent africain comme intégré au reste du Monde ? Cette interrogation sur l’intensité des échanges, mais aussi sur leur forme même, sera menée à partir de trois études de cas.

1. L’analyse des relations – économiques, politiques et culturelles – entre la côte swahili et les formations politiques de l’Afrique orientale et australe du XIe au XVIIe siècle. Si l’on sait que cette région vit l’émergence, à l’interface entre les réseaux de l’océan Indien et le continent africain, puis la diffusion, de la culture swahili, on connait bien moins les liens qui l’unissaient à des ensembles politiques et culturels aussi importants que les monarchies des Grands Lacs à l’Est ou le Great Zimbabwe au Sud. Il s’agit donc de rééquilibrer l’étude de la société littorale en renversant la perspective et en l’observant depuis l’intérieur.

2. L’étude de la diffusion et des effets de l’épidémie de peste bubonique en Afrique subsaharienne est ici prise comme évidence de l’intégration du continent dans les échanges mondiaux avant le XVe siècle. Car si l’Afrique a connu une crise démographique et des transformations profondes de son organisation sociopolitique au XIVe siècle en lien avec la peste noire, nos connaissances actuelles sur les modalités de sa participation dans un système Monde en pleine restructuration à partir du XVe siècle devront être radicalement revues.

3. Enfin, le troisième cas devra préciser le rôle des plantes exogènes dans l’apparition de nouveaux peuplements humains dans la région des Grands Lacs, avec de nouvelles organisations économiques, sociales et culturelles, en suivant la diversité culturale et en confrontant cette géochronologie aux connaissances des historiens et des archéologues.

D’un point de vue théorique, GLOBAFRICA ambitionne donc de compléter le seul modèle commercial des échanges et de complexifier, par une démarche pluridisciplinaire inédite – mêlant lecture ou relecture de sources écrites anciennes, travail sur des collections archéologiques existantes ou en cours d’élaboration, et apports des sciences dures (paléo-botanique, génétique ou chimie) – nos outils pour appréhender des « connexions » : que ce soit de nouveaux éléments, tels que la culture matérielle, les textes ou les éléments environnementaux, ou de nouvelles évidences, telles que les épidémies, qui battent en brèche l’idée d’isolement. En déportant l’attention sur les sociétés intérieures et leurs interactions avec les interfaces du continent, GLOBAFRICA permettra ainsi de dépasser les grands récits euro- mais aussi indo- ou islamo-centrés de stimuli extérieurs, qui restent trop souvent les éléments explicatifs des dynamiques historiques africaines, et de leur substituer une vision équilibrée et une périodisation propre à la « mondialisation africaine ».

Coordination du projet

Adrien Delmas (Centre National de la Recherche Scientifique (USR 3336))

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenariat

LAM Les Afriques dans le Monde (UMR 5115)
CWM The College of William & Mary
Wits Université du Witwatersrand
IFAS Institut français d'Afrique du Sud
IFRA-Nairobi Institut français de Recherche en Afrique - Kenya
IFRA-Ibadan Institut français de Recherche en Afrique - Nigéria
IMAF/CNRS Institut des mondes africains (UMR 8171)
CIRAD Centre international de recherche agronomique pour le développement
IMAF Institut des mondes africains (UMR 8171)
CNRS (USR 3336) Centre National de la Recherche Scientifique (USR 3336)

Aide de l'ANR 398 736 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2014 - 42 Mois

Liens utiles

Explorez notre base de projets financés

 

 

L’ANR met à disposition ses jeux de données sur les projets, cliquez ici pour en savoir plus.

Inscrivez-vous à notre newsletter
pour recevoir nos actualités
S'inscrire à notre newsletter