CESA - Contaminants et Environnements : Santé, Adaptabilité, Comportements et Usages

Vulnérabilité et adaptabilité de la dernière population d’esturgeon européen (Acipenser sturio) aux facteurs de stress environnementaux : température, oxygène et polluants. – SturTOP

Résumé de soumission

L’esturgeon européen (Acipenser sturio) est un poisson migrateur diadrome en danger d’extinction. Le bassin de la Dordogne et de la Garonne accueille la dernière population de cette espèce. La pollution et le réchauffement climatique global sont des menaces probables pour cette espèce en danger. SturTOP est un projet de recherche pluridisciplinaire qui a pour but d’évaluer les effets des facteurs de stress chimique, thermique et hypoxique sur la santé, la physiologie, le comportement et l’adaptabilité des premiers stades de développement de l’esturgeon européen. Des études en condition de laboratoire et des études de terrain seront conduites pour documenter la vulnérabilité et l’adaptabilité de cette espèce. Dans une première étape, la qualité environnementale des frayères sera évaluée en prenant en compte la pollution chimique et les facteurs en lien avec le changement climatique. La qualité chimique et physico-chimique et le potentiel toxique de ces zones de fraie sera évalué. Dans une seconde étape sera étudié la sensibilité des embryons et larves d’esturgeon aux conditions thermiques et hypoxiques et aux mélanges de polluants retrouvés dans le bassin Garonne-Dordogne. Des protocoles d’exposition, et des méthodes analytiques seront développées spécifiquement pour l’esturgeon. Une première séries d’expériences sera réalisée pour évaluer les réponses biologiques des embryons et des larves exposées en conditions contrôlées à des gammes de températures, d’oxygène et de polluants en mélange. Une seconde série d’expériences se focalisera sur la réponse des embryons exposés à des sédiments (ou à des biofilms) récupérés au niveau de trois frayères sélectionnées précédemment en appliquant les mêmes conditions physico-chimiques que celles rencontrées en été sur ces sites. Une troisième série d’expériences sera réalisée in situ en plaçant des embryons d’esturgeon issus de reproduction artificielle dans des incubateurs de terrain placés sur les trois frayères sélectionnées précédemment. Pour chaque série d’expériences les effets examinés concerneront les capacités biologiques des larves c’est à dire leur survie et leur ontogénie ainsi que leur comportement. Afin d’obtenir des informations plus précises et complètes sur les effets induits et les mécanismes de toxicité ou d’adaptation, les dommages à l’ADN, les modifications epigénétiques, l’expression de gènes cibles et les profils d’expression protéique seront analysés. Dans une troisième étape on se propose d’étudier en laboratoire les réponses des juvéniles esturgeon lors des opérations d’ensemencements en Garonne et en Dordogne. Le sédiment, la colonne d’eau et les proies sur les deux zones d’ensemencement concernées seront échantillonnés et caractérisées chimiquement. Les réponses toxiques et/ou adaptatives des juvéniles exposés en système expérimental aux conditions du milieu seront ensuite étudiées. Dans une quatrième étape, sera évalué l’influence de la qualité de l’habitat sur l’état de santé et la contamination des juvéniles. Des techniques d’échantillonnage non destructives seront développées spécifiquement pour la collecte de tissues sur des poissons sauvages dans le but d’évaluer la contamination et l’état de santé des animaux. L’exposition environnementale sera évaluée au moyen de dosimètres individuels et par l’analyse chimique du contenu stomacal. Dans une dernière étape, les données obtenues permettront de modéliser l’évolution d’une cohorte soumise à des facteurs de stress multiples. Les résultats attendus permettront de fournir des informations sur la capacité de cette espèce à croître et à se reproduire dans l’estuaire de Gironde et sa capacité à s’adapter à des conditions environnementales changeantes. L’ensemble de ces travaux devrait apporter des réponses concrètes aux gestionnaires en charge des plans de restauration de l’espèce.

Coordination du projet

Jérome CACHOT (Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux, Université Bordeaux 1) – jerome.cachot@u-bordeaux1.fr

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CNRS UMR ECOLAB Laboratoire Ecologie fonctionnelle et environnement
INRA-CNRS UMR LEHNA
INRA-ONIRIS UMR PAnTher
IRSTEA UPR EPBX
LIENSs LItoral ENvironnement et Sociétés UMR 7266
EPOC Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux, Université Bordeaux 1

Aide de l'ANR 469 872 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2013 - 48 Mois

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