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Les transformations de l’économie française par le prisme du commerce international, 1716-1821 – TOFLIT18

TOFLIT18

Les transformations de l’économie française par le prisme du commerce international, 1716-1821

Enjeux et objetctif

Le projet “Les transformations de l’économie française par le prisme du commerce international, 1716-1821” a pour objectif de mieux connaître l’évolution de l’économie française au cours de laquelle la France et l’Europe ont préparé leur entrée dans la révolution industrielle et l’ère moderne. La série des données du commerce extérieur français établies par l’administration est la plus complète et la plus cohérente série dont nous disposions sur l’économie française de cette époque. Ces données ont été collectées et agrégées au niveau national par le Bureau de la Balance du Commerce à partir de 1716 (Charles and Daudin 2011). Au-delà des réorganisations administratives, les techniques de collecte et de présentation des statistiques sur le commerce extérieur français n’ont guère changé jusqu’aux années 1820. <br />Ces documents fournissent des informations d’un intérêt exceptionnel pour les historiens-économistes. Ils peuvent en effet être utilisés pour étudier les effets économiques du commerce international sur des échelles très différentes : au niveau de la France dans son ensemble, au niveau d’une seule région, au niveau d’un port et même au niveau des comportements microéconomiques des agents, par exemple les négociants. Ils peuvent également être employés pour mieux comprendre l’imbrication de, et les interactions entre, ces différentes logiques géographiques. <br />

Le volume et la dispersion des sources primaires rendent la collecte et la retranscription des sources longues et onéreuses. Le groupe inclut donc des chercheurs ayant une grande expérience de la construction et de la gestion de grandes bases (notamment MARPROF, NAVIGOCORPUS, RICardo and SoundToll Registers Online). Leur expertise sera précieuse pour vérifier les données collectées par le projet en les comparant avec d’autres types d’informations sur le commerce (navigation et comptes marchands). La collaboration de chercheurs qui travaillent sur des bases similaires pour des partenaires importants de la France (la Grande-Bretagne et les Pays-Bas Autrichiens) permettra de réaliser des vérifications croisées et des études comparatives.
La base de données qui sera créée par le projet comprendra la valeur des flux de commerce bilatéraux (avec de 20 à 30 partenaires commerciaux) au niveau national entre 1716 et 1821, ainsi qu’une répartition de ces flux par marchandise (600-1000 marchandises différentes) à partir de 1750 au moins. Il inclura aussi les valeurs unitaires et les quantités de biens associés à ces flux entre 1771 et 1792, et des données de commerce au niveau régional (1716-1780). Cette base de données sera rendue accessible à la communauté des chercheurs à la fin du projet.


La première étape était de recueillir les données. Nous avons trouvé (en plus de données nationales qui étaient connues avant le début du projet) des données pour Bayonne, Bordeaux, Caen, Grenoble / Lyon / Valence (tout juste un an), La Rochelle, Marseille, Montpellier, Rennes et Rouen. Dans certains cas, les données ne sont disponibles que pour une poignée d'années. Nous cherchons toujours plus de données à Lyon, Dunkerque et d'autres domaines.
La transcription est la seconde étape. En utilisant à la fois des stagiaires et des entreprises externes, nous avons numérisé plus de 300.000 observations des flux commerciaux. Nous sommes actuellement en train d'en traiter des dizaines de milliers de nouvelles observations. À la fin de 2015, nous aurons probablement entre 350.000 à 400.000 observations et nous arrêterons là. En parallèle, nous avons fait des progrès dans le développement du logiciel d'exploration de données. Nous avons mis en place la plupart des spécifications et nous avons commencé à exporter les données à Neo4j, qui sera le logiciel du datascape.
Plusieurs documents ont déjà été publiés ou sont en travaux sur ce projet et ses résultats. Outre les travaux présentant la méthode, trois portent sur la comparaisons des données françaises avec celles d'autres pays. l'une avec les données Pays-Bas autrichiens, un autre sur Hambourg et le dernier sur le commerce de la Baltique, telle que mesurée par le Sund. Deux autres documents étudient des secteurs spécifiques du commerce: le commerce de la médecine et le commerce des grains.

Les données collectées peuvent partiellement remplacer les séries macroéconomiques françaises inexistantes. Nous les utiliserons donc pour améliorer notre connaissance de l’économie française et des mécanismes économiques à laquelle cette dernière était soumise, au niveau national et au niveau régional. Nous privilégierons deux programmes de recherche et d’exploitation de ces données. D’une part, nous examinerons les évolutions de la spécialisation française, à la fois entre les régions françaises et par rapport au reste de l’Europe. Peut-on lier ces évolutions au développement économique contrasté de la France et de la Grande-Bretagne ? Que nous apprennent-elles sur les déterminants du commerce international ? D’autre part, nous étudierons les effets des chocs politiques sur l’économie française : la France a traversé plusieurs guerres et bouleversements politiques. Elle a connu aussi des changements radicaux de politique commerciale : mercantiliste en début de période, elle a initié une politique d’Exclusif mitigé avec son empire colonial dans les années 1760, signé des traités de commerce dans les années 1780, avant de se refermer après 1793. Quels ont été les effets de ces transformations des législations commerciales sur son économie ?

« Cross-checking the Sound database with the French Balance du Commerce data », in The Baltic in European maritime history, 1600-1800, sous la dir. de Jan Willem Veluwenkamp et Werner Scheltjens, à paraître 2016.
- Loïc Charles and Guillaume Daudin

Le projet “Les transformations de l’économie française par le prisme du commerce international, 1716-1821” a pour objectif de mieux connaître l’évolution de l’économie française au cours de laquelle la France et l’Europe ont préparé leur entrée dans la révolution industrielle et l’ère moderne. La série des données du commerce extérieur français établies par l’administration est la plus complète et la plus cohérente série dont nous disposions sur l’économie française de cette époque. Ces données ont été collectées et agrégées au niveau national par le Bureau de la Balance du Commerce à partir de 1716 (Charles and Daudin 2011). Au-delà des réorganisations administratives, les techniques de collecte et de présentation des statistiques sur le commerce extérieur français n’ont guère changé jusqu’aux années 1820.
Ces documents fournissent des informations d’un intérêt exceptionnel pour les historiens-économistes. Ils peuvent en effet être utilisés pour étudier les effets économiques du commerce international sur des échelles très différentes : au niveau de la France dans son ensemble, au niveau d’une seule région, au niveau d’un port et même au niveau des comportements microéconomiques des agents, par exemple les négociants. Ils peuvent également être employés pour mieux comprendre l’imbrication de, et les interactions entre, ces différentes logiques géographiques.
Le volume et la dispersion des sources primaires rendent la collecte et la retranscription des sources longues et onéreuses. Le groupe inclut donc des chercheurs ayant une grande expérience de la construction et de la gestion de grandes bases (notamment MARPROF, NAVIGOCORPUS, RICardo and SoundToll Registers Online). Leur expertise sera précieuse pour vérifier les données collectées par le projet en les comparant avec d’autres types d’informations sur le commerce (navigation et comptes marchands). La collaboration de chercheurs qui travaillent sur des bases similaires pour des partenaires importants de la France (la Grande-Bretagne et les Pays-Bas Autrichiens) permettra de réaliser des vérifications croisées et des études comparatives.
La base de données qui sera créée par le projet comprendra la valeur des flux de commerce bilatéraux (avec de 20 à 30 partenaires commerciaux) au niveau national entre 1716 et 1821, ainsi qu’une répartition de ces flux par marchandise (600-1000 marchandises différentes) à partir de 1750 au moins. Il inclura aussi les valeurs unitaires et les quantités de biens associés à ces flux entre 1771 et 1792, et des données de commerce au niveau régional (1716-1780). Cette base de données sera rendue accessible à la communauté des chercheurs à la fin du projet.
Les données collectées peuvent partiellement remplacer les séries macroéconomiques françaises inexistantes. Nous les utiliserons donc pour améliorer notre connaissance de l’économie française et des mécanismes économiques à laquelle cette dernière était soumise, au niveau national et au niveau régional. Nous privilégierons deux programmes de recherche et d’exploitation de ces données. D’une part, nous examinerons les évolutions de la spécialisation française, à la fois entre les régions françaises et par rapport au reste de l’Europe. Peut-on lier ces évolutions au développement économique contrasté de la France et de la Grande-Bretagne ? Que nous apprennent-elles sur les déterminants du commerce international ? D’autre part, nous étudierons les effets des chocs politiques sur l’économie française : la France a traversé plusieurs guerres et bouleversements politiques. Elle a connu aussi des changements radicaux de politique commerciale : mercantiliste en début de période, elle a initié une politique d’Exclusif mitigé avec son empire colonial dans les années 1760, signé des traités de commerce dans les années 1780, avant de se refermer après 1793. Quels ont été les effets de ces transformations des législations commerciales sur son économie ?

Coordinateur du projet

Laboratoire d'Économie de Dauphine - UMR Développement, Institutions et Mondialisation (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Unité de Recherche Histoire et Population
Centre d'histoire de Sciences Po
Laboratoire d'Économie de Dauphine - UMR Développement, Institutions et Mondialisation

Aide de l'ANR 249 950 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2013 - 48 Mois

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