ALID - Systèmes Alimentaires Durables - Edition 2013

Reussir Ecologiquement une Nutrition Equilibrée et Sensoriellement adaptée pour Senior – RENESSENS

Résumé de soumission

Dans le contexte d’une population vieillissante, l’enjeu majeur de notre société est de permettre à chacun de bien vieillir. Bien vieillir, c’est notamment permettre à un senior de bénéficier d’une prise en charge pertinente lorsqu’apparaissent des difficultés à réaliser certaines activités, c’est-à-dire une prise en charge adaptée aux besoins et aux attentes de la personne et dont le coût s’inscrit dans une démarche de durabilité pour garantir sa pérennité. Le terme de dépendance culinaire désigne une situation dans laquelle un senior délègue tout ou partie de ses courses et/ou de la préparation de ses repas à un tiers (aide-ménagère, portage de repas à domicile, institution) suite à l’apparition d’incapacités (défaut de compétences, incapacités physique ou cognitive).
Sans présumer du lien de cause à effet entre dépendance et dénutrition, force est de constater que malgré les moyens mis en œuvre pour prendre en charge les seniors dépendants, le risque de dénutrition reste élevée au sein de cette population. La dénutrition correspond à un déficit des apports nutritionnels : sans prise en charge, elle entraîne une diminution de la mobilité, un risque accru de fractures, une vulnérabilité vis-à-vis des maladies infectieuses, une aggravation des maladies chroniques. A ce constat est associé :
- un coût environnemental. En institution, le gaspillage d’aliments est de 15 à 40%. En portage de repas, 20 à 30% du repas livré à midi n’est pas consommé : 1/3 des restes sont consommés le soir, 1/3 sert à nourrir l’animal de compagnie et 1/3 est jeté.
- un coût économique. Le coût de la prise en charge d’un senior pour son alimentation est loin d’être négligeable, à la fois pour le senior lui-même et pour la société. Ce coût est majoré lorsque la dénutrition s’installe (compléments nutritionnels oraux, majoration des coûts de santé).
- un coût sociétal. Les résultats d’une enquête menée en France auprès de 559 seniors a montré que si le plaisir à manger restait le même, la satisfaction pour les repas consommés diminuait avec la dépendance. En conséquence, une prise en charge qui ne tient pas compte des attentes et des préférences de l’individu est préjudiciable à la qualité de vie de ce dernier.
Si les politiques de santé publique proposent des recommandations nutritionnelles à destination des seniors, force est de constater qu’il existe peu de recommandations à destination des seniors présentant des profils de mangeur spécifiques : petits mangeurs, personnes présentant des difficultés fonctionnelles ou cognitives, personnes difficiles pour leur alimentation… En conséquence, l’objectif de RENESSENS est d’améliorer le rendement alimentaire des seniors dépendants, en développant des solutions permettant de « personnaliser » la prise en charge de ces derniers. Il s’agira de développer 1. un outil de diagnostic permettant de déterminer le profil de mangeur d’un senior ; 2. des stratégies d’intervention adaptées à chaque profil. Ces stratégies incluront des recommandations (conseils nutritionnels, plan alimentaire…) et des solutions (suggestions d’aliments, de techniques culinaires, de services…) ; 3. un plan de formation pour mettre en œuvre l’outil de diagnostic et les stratégies. Cette approche sera proposée sous la forme d’un guide qui combine ces trois aspects (« Diagnostiquer pour mieux nourrir »), afin de pouvoir proposer à chaque senior une alimentation qui tient compte de ses besoins, capacités et préférences.
Cette approche sera ensuite testée dans des structures volontaires à travers une étude pilote, afin d’évaluer l’intérêt pour le senior (bénéfice santé, bien-être), pour les structures (coût/bénéfice de la mise en place d’une alimentation personnalisée) et pour la société (durabilité des solutions proposées). Enfin, ce guide sera diffusé auprès des professionnels en charge de seniors dépendants et des pouvoirs publics, afin de venir compléter les dispositifs en vigueur pour lutter contre la dénutrition au sein de cette population.

Coordinateur du projet

Centre Hospitalier Régional Universitaire de Dijon (Divers public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Centre Hospitalier Liège
Service Public Hospitalier Conseil
Vivalia
Robot-Coupe
FROMAGERIES BEL
Institut de Formation et de Recherche sur les Organisations Sanitaires et Sociales
Fichier Sélection Informatique
Centre Hospitalier Régional Universitaire de Dijon
Centre des Sciences du Goût et de l'Alimentation, UMR6265 CNRS, UMR1324 INRA, Université de Bourgogne
EC6
ASSOCIATION GROUPE ECOLE SUPERIEURE DE L' AGRICULTURE (ESA)
Centre Hospitalier de Clermont-Ferrand
Saveurs et Vie
Cuisine Innovation

Aide de l'ANR 870 410 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2013 - 48 Mois

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