ALID - Systèmes Alimentaires Durables - Edition 2013

Procédé de production de protéines végétales d'oléagineux pour une alimentation durable – PROVEGAL

Résumé de soumission

La croissance de la démographie mondiale et l’évolution de la consommation de produits carnés (surtout de volailles) et de poisson induit une intensification des élevages qui nécessite des apports importants en protéines végétales. En Europe comme en France, la grande majorité de la ressource protéique végétale est le tourteau de soja importé des Amériques (Brésil, Argentine et Etats-Unis). Les principales conséquences pour la France sont i) une forte dépendance protéique vis-à-vis de l’Amérique qui pèse dans notre balance commerciale ii) une baisse de la compétitivité de nos filières avicoles dépendantes de ces protéines, iii) l’introduction massive d’OGM dans l’alimentation animale et une volatilité importante du prix des aliments, iv) une perte de biodiversité (défrichages) dans les pays producteurs et le transport sur longues distance de ces produits.
La France est le premier producteur Européen de tourteaux de colza, coproduit de la filière huilière et biodiesel. Ces tourteaux sont substituables au soja dans le cas des porcs et des bovins mais ne conviennent ni aux volailles ni à l’aquaculture. En effet, la protéine de colza manque de digestibilité pour le poulet et la concentration du tourteau en protéines est trop faible pour les poissons. Ce qui pénalise le colza tient à deux causes : une teneur élevée en fibres issues principalement du tégument de la graine et une perte de solubilité des protéines liée au traitement de désolvantation. Le procédé industriel actuel ne parvient pas éliminer la pellicule sans pertes d’huile élevées, de plus le colza présente intrinsèquement une forte affinité pour l’hexane qui se traduit par l’obligation de procéder à une injection de vapeur massive en cours de désolvantation aboutissant à une perte de solubilité des protéines.
L’objectif de notre projet est de développer un nouveau procédé d’extraction des graines de colza qui, sans perturber la production de l’huile, permettrait de produire une fraction protéique plus digestible avec possibilité de moduler sa concentration en vue de satisfaire les besoins des différents marchés. Ce procédé s’inspire de la technologie amidonnière et a pour originalité l’utilisation d’éthanol subcritique. Il consiste à broyer finement la matière végétale dans le solvant pour la soumettre ensuite à une classification hydrodynamique permettant de séparer les constituants de la graine sans pertes d’huile. La farine délipidée issue de ce procédé pourra éventuellement être soumise à une seconde extraction dans un solvant hydro-alcoolique au pH d’insolubilisation des protéines sans qu’il soit nécessaire de passer par une étape désolvantation.
Notre projet intègre les trois dimensions de la durabilité : i) la préservation de l’environnement en remplaçant l’hexane, un hydrocarbure classé CMR3, par un solvant issu de la biomasse : l’éthanol, en limitant l’importation de protéines de soja et en réduisant la part de l’azote indigestible dans les effluents d’élevage, ii) l’efficacité économique en améliorant la compétitivité des filières avicoles et aquacoles par l’offre d’une alternative au tourteau de soja et en améliorant la valeur ajoutée de la filière oléagineuse et iii) la dimension sociale en intégrant la réticence des consommateurs vis-à-vis des OGM et en éliminant la présence de résidus d’hexane dans la chaine alimentaire.
Notre projet s’inscrit dans l’axe 3 « Preuve de concept » car il est nécessaire de démontrer la faisabilité du procédé et dans la catégorie Recherche Industrielle de l’AAP ALID2013 car les résultats attendus devraient permettre de mettre en place une filière de production de concentrat protéique hautement digestible pour l’alimentation animale dans un premier temps et pour l’alimentation humaine dans un deuxième temps

Coordinateur du projet

Centre de Recherche et d'Expérimentation sur les Oléagineux et Protéagineux Olé (PME)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Institut National de la Recherche Agronomique Unité Biopolymères Interactions, Assemblages
ITERG - Institut des corps gras
Centre Technique Interprofessionnel des Oléagineux et du Chanvre
Centre de Recherche et d'Expérimentation sur les Oléagineux et Protéagineux Olé

Aide de l'ANR 263 801 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2013 - 24 Mois

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