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BIOdiversité et fonctionnement des écosystèmes dans les MANgroves de Guyane française : perspectives pour une gestion de l’écOsystème dans son contexte amazonien – BIOMANGO

La mangrove passée au tamis fin : Biomango vous plonge dans les profondeurs de la vase

Les enjeux sont : <br />- inventaire qualitatif et quantitatif faunistique et floristique des vasières aux mangroves <br />- déterminer le rôle de cette biodiversité sur le fonctionnement biogéochimique des mangroves de Guyane au cours de leur premier stade de croissance.

Biodiversité des communautés benthiques et fonctionnement des mangroves

Les forêts de mangroves, constituées d’arbres aux pieds dans la mer, fournissent des services socio-économiques et écologiques irremplaçables. Les mangroves guyanaises, adaptées aux perturbations sédimentaires récurrentes, constituent 70% des mangroves françaises. Biomango, projet international multidisciplinaire, propose (i) d’évaluer le rôle joué par la faune et la flore liées au substrat vaseux, dans le fonctionnement des mangroves de Guyane, et (ii) de transférer les connaissances scientifiques vers le public scolaire.

- complémentarité entre plusieurs disciplines (physique, chimie, biologie, écologie,
informatique, société….) pour l’étude intégrée de l’écosystème mangroves
- mise en place de techniques d’observation in situ et d’expérimentations pour l’étude du fonctionnement de la mangrove
- approche fonctionnelle de la biodiversité benthique

en cours

Prochaine mission prévue en septembre-décembre 2015 pour étudier le rôle de la biodiversité benthique sur le fonctionnement biogéochimique des mangroves dans leur premier stade de croissance.

- A. Aschenbroich, T Stieglitz, F Fromard, G Thouzeau, RC. Aller, M Tavares A Gardel, E Michaud. 2015. Mangrove crabs and their burrows – key players in benthic processes in mangrove ecosystems. 2015 Aquatic Sciences Meeting. Aquatic Sciences: Global And

Les forêts de mangroves sont des écosystèmes très productifs qui stimulent les cycles du carbone et des nutriments des zones côtières, fournissant des services socio-économiques et écologiques irremplacables. La biodiversité benthique joue un rôle clé dans la stimulation et le maintien de cette productivité à travers les activités de bioturbation. Les mangroves sont amenées à disparaître avec les pressions anthropiques et le changement climatique. En Guyane française, la formation des mangroves est soumise et adaptée aux perturbations sédimentaires récurrentes le long du littoral guyanais suite aux apports massifs amazoniens. 5 facies de mangroves s’établissent : banc de vase exondé, mangrove pionnière, jeune forêt, forêt mature, forêt sénescente. Une fois adulte, les mangroves permettent de stabiliser la côte mais à chaque nouvelle érosion, les forêts sont détruites. En phase d’accrétion, les mangroves ont la capacité de se développer très rapidement et se caractérisent par une productivité élevée. Les premières données acquises sur le compartiment benthique indiquent que celui-ci est adapté à ces phases successives de stabilité et d’instabilité sédimentaire, avec des peuplements pionniers et une faible richesse spécifique. Les études actuelles en écologie montrent que la productivité d’un écosystème (respiration, production primaire, capacités de minéralisation) n’est cependant pas dépendante de sa richesse spécifique mais de sa richesse fonctionnelle, à condition que les groupes fonctionnels clés de bioturbation soient représentés. Le rôle joué par le compartiment benthique et les processus de bioturbation associés sur la productivité des mangroves de Guyane reste encore méconnu. Etant donné la forte productivité des mangroves de Guyane et les solides connaissances du milieu maintenant acquises, des études portant sur les relations biodiversité/fonctionnement des écosystèmes doivent être maintenant adressées. La capacité de résilience des mangroves de Guyane est une des clefs de la structuration et du fonctionnement de l'écosystème guyanais ; elle doit donc être parfaitement comprise pour mettre en place une stratégie de gestion et de conservation du littoral dans cet environnement naturellement perturbé mais encore peu anthropisé. Le projet BIOMANGO propose de définir ces capacités de résilience en y étudiant : 1) variabilité in situ spatio-temporelle de la biodiversité benthique (microphytobenthos et faune); 2) variabilité in-situ spatio-temporelle des flux biogeochimiques ; 3) role in vitro de l’impact de la biodiversité fonctionnelle de bioturbation sur les fonctions de l’écosystème. Le projet BIOMANGO utilisera une approche et des méthodes multidisciplinaires pour tester les relations possibles entre la biodiversité benthique et la productivité des mangroves. Des scénarios spécifiques seront évalués selon les premières observations au début du projet. Les résultats finaux établiront un état initial du fonctionnement des écosystèmes de mangroves de Guyane, ce qui permettra de prévoir les services écosystémiques pouvant être perdus sous la pression humaine croissante (ie cas de pollution par les hydrocarbures). BIOMANGO alimentera des modèles théoriques et de gestion des écosystèmes pour comprendre la relation entre biodiversité et fonctionnement des écosystèmes de mangrove. L’aire d’étude choisie étant reconnue pour être difficile d’accès, la logistique est déjà coordonnée. La mise en place de ce projet sera améliorée par des collaborations nationales et internationales (NSF) en cours sur la même aire d’étude, dont les coordinateurs sont impliqués dans BIOMANGO. Les résultats de ce projet ne seront pas simplement valorisés à travers les moyens classiques de communication scientifiques (publications..), mais aussi par le biais d’ateliers pédagogiques proposés à des scolaires en collaboration avec une équipe innovante en matière de communication et médiation scientifique.

Coordinateur du projet

Laboratoire des sciences de l'Environnement MARin (Laboratoire public)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Laboratoire des sciences de l'Environnement MARin

Aide de l'ANR 270 000 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2012 - 48 Mois

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