P2N - Nanotechnologies et Nanosystèmes

Nanovectorization par squalénisation d'agents anticancéreux dans les cancers à oncogènes de jonction – Nanosqualonc

Résumé de soumission

L'introduction des nanotechnologies en pharmacologie (la «nanomédecine») a révolutionné l’administration des médicaments, permettant l'émergence de nouveaux traitements avec une meilleure spécificité. Ces nouveaux nano-dispositifs peuvent être réalisés sur mesure selon les fonctions désirées par la synthèse de systèmes colloïdaux avec des caractéristiques définies. Ces systèmes sont exploités à des fins thérapeutiques pour transporter le médicament dans le corps d'une manière contrôlée à partir du site d'administration. Cela implique le passage des molécules et de leur vecteur au travers de nombreuses barrières physiologiques (c.a.d. épithélium, endothélium, membrane cellulaire), ce qui constitue une des difficultés majeures dans le ciblage des médicaments. Les apports principaux des nano-médicaments sont:
1) le contrôle de la libération du médicament et de sa distribution,
2) l'amélioration de l'absorption (par la muqueuse ou des cellules) et
3) la protection contre la dégradation.
Ils offrent des avantages décisifs dans les traitements; quelques-uns ont été commercialisés au cours de la dernière décennie. Dans cette perspective, les terpènes (ou isoprénoïdes) constituent un groupe de composés naturels extraordinairement diversifiés par leurs structures et leurs propriétés. Curieusement, ils n'ont jamais été utilisés auparavant dans le domaine de la nanomédecine pour vectoriser les médicaments, sauf très récemment par Patrick Couvreur qui est à l’origine du concept de « squalénisation ». Notre objectif est d'utiliser l'extraordinaire capacité des dérivés squaléniques qui s'auto-assemblent en milieu aqueux en nanoparticules pour la conception de nanomédecines. Cette méthodologie sera appliquée à de petites molécules (ifosfamide) mais aussi à des macromolécules (siRNA) dans le but d'améliorer le traitement de plusieurs tumeurs solides pour lesquelles des oncogènes de jonction sont impliqués, telles que le carcinome papillaire de la thyroïde (PTC), le sarcome d'Ewing (EWS) et le cancer de la prostate (PC). Nous espérons que:
i) les pro-drogues siRNA-terpène s’auto-agrègent spontanément sous forme de nanoparticules,
ii) les formes pré-activées et squalénisées de l'ifosfamide soient en mesure de libérer directement des moutardes azotées sans activation enzymatique préalable.
Cette approche est, à notre connaissance, unique et n'a jamais été utilisée dans d’autres centres européens. Les applications sont immédiates. A titre d'exemples, pour le sarcome d'Ewing, un cancer agressif et pour le cancer de la prostate qui représente la deuxième cause de mortalité par cancer chez l’homme, nous espérons développer un nouveau traitement plus sûr. Pour le carcinome papillaire de la thyroïde, cette nouvelle technologie devrait être offerte aux patients atteints de métastases distantes résistantes à la radiothérapie métabolique. A la suite des résultats très encourageants obtenus avec la gemcitabine-squalène, une start-up, nommée MEDSQUAL a été créée en 2008 par Patrick Couvreur, notre partenaire dans cette étude. En cas de succès de ce projet, les résultats seront proposés à MEDSQUAL.


Coordinateur du projet

Madame Liliane MASSADE (CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR EST) – liliane.massade@igr.fr

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

UMR 8203 IGR-CNRS-PARIS XI CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR EST
UMR 8612 CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE ILE-DE-FRANCE SECTEUR SUD

Aide de l'ANR 470 696 euros
Début et durée du projet scientifique : septembre 2011 - 36 Mois

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