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Les effets du changement climatique sur les parasites : une étude prédictive intégrée – INCLIMPAR

Résumé de soumission

La problématique du changement climatique focalise l’attention de nombreux scientifiques, économistes et politiciens. Concernant les associations hôtes-parasites, il est prédit que les parasites pourraient étendre leur aire de distribution actuelle en réponse au réchauffement climatique, en colonisant plus particulièrement les régions du Nord. Bien que ces changements pourraient affecter de nombreuses espèces en milieu naturel, les études prédictives concernant les animaux et les plantes s’avèrent uniquement conceptuelles. Récemment, une controverse a remis en question les prédictions classiques de l’impact du changement climatique sur la distribution des parasites. Il a été suggéré (i) que les parasites pourraient subir un changement de leur aire de distribution (voir même une restriction) et non une expansion (ii) de nombreux facteurs non climatiques pourraient éclipser les effets du changement climatique. Une telle controverse pourrait avoir de nombreuses conséquences politiques et économiques.
Dans ce contexte, INCLIMPAR permettra de clarifier cette controverse et de répondre aux questions qui sont posées par l’ensemble de la société sur l’association entre changement climatique et distribution spatiale des parasites.
Dans une première partie nous utiliserons une interaction hôté-parasite en particulier (le copépode ectoparasite Tracheliastes polycolpus et son hôte poisson Leuciscus leuciscus) pour d’identifier les facteurs climatiques et non climatiques qui peuvent influencer la colonisation des parasites. A partir d’observation empirique, d’expérimentation, et d'outils moléculaires nous mettrons en évidence et nous quantifierons les barrières potentielles qui pourraient freiner la colonisation de ce parasite. Nous considèrerons les barrières potentielles suivantes :
(i) La capacité de dispersion de T. polycolpus (T. polycolpus est-il capable de disperser librement d’un site à un autre ?)
(ii) Les besoins environnementaux de T. polycolpus (quels sont les facteurs environnementaux qui peuvent freiner l’expansion de l’aire de distribution du parasite ?)
(iii) La capacité du parasite à transférer vers de nouvelles espèces hôtes (si T. polycolpus disperse dans un site où la vandoise est absente, sera-t-il capable d’infester une autre espèce hôte ?)
(iv) La capacité du parasite à s’adapter à un nouveau génotype hôte (Est ce que le processus d’adaptation locale peut freiner la colonisation ?)
Dans la seconde partie, nous développerons des modèles statistiques qui intégreront ces contributions d’ordre biologique dans les modèles prédictifs classiques. Cette approche intégrative permettra d’améliorer les prédictions des effets du changement climatique sur la répartition future du parasite T. polycolpus.
Dans la troisième partie nous réaliserons des simulations ainsi qu’une méta-analyses de littérature existante afin de tester (pour tous les taxons et tous les écosystèmes) (i) si les parasites ont récemment subit des changements dans leur aires de distribution et (ii) les effets relatifs des variables biologiques et environnementales sur ces changements d’aires de répartition.
En apportant une réponse objective sur le rôle relatif des facteurs climatiques vs. non climatiques sur la distribution des parasites, INCLIMPAR représente une contribution cruciale au débat actuel sur le réchauffement climatique et la distribution des parasites.

Coordinateur du projet

CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE MIDI-PYRENEES (Divers public)

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Partenaire

CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE - DELEGATION REGIONALE MIDI-PYRENEES

Aide de l'ANR 244 939 euros
Début et durée du projet scientifique : février 2012 - 48 Mois

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