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Publication du programme PAUSE – ANR Ukraine pour l’accueil de scientifiques ukrainiens et ukrainiennes dans des laboratoires français
Blanc SHS 1 - Sciences humaines et sociales : Sociétés, espace, organisations et marchés

La discrimination comme expérience et comme philosophie politique pratique – DISCRI

Résumé de soumission

Progressivement, nos conceptions de la justice sociale se concentrent sur la lutte contre les discriminations. Nous mettons moins directement en cause les inégalités entre les positions sociales elles-mêmes que les inégalités d’accès d’un certain nombre d’individus et de groupes à toutes les positions sociales. Dans ce cadre, les inégalités les plus scandaleuses procèdent de la discrimination dont sont victimes les étrangers, les migrants, les handicapés ou les femmes qui ne peuvent pas concourir à égalité dans l’accès à certains biens, notamment, l’éducation, l’emploi, le logement, les médias, la politique… et qui sont discriminés de façon plus moins brutale et explicite. Un grand nombre de dispositifs, de lois, de chartes de bonne conduite et d’institutions, dont la Halde, visent à combattre ces discriminations. L’adhésion à ce modèle de justice et aux représentations de la vie sociale qu’il engage sont si fortes que, bien souvent, on se borne à mesurer les discriminations et à les dénoncer.

Notre projet de recherche ne vise pas à mesurer les discriminations ni à analyser les effets des politiques visant à les réduire. Il veut d’abord analyser l’expérience sociale des personnes discriminées afin de savoir comment elles vivent et expliquent les discriminations subies, comment elles les perçoivent comme des injustices, pourquoi elles se révoltent, abdiquent ou s’adaptent. C’est en ce sens que nous voulons les saisir comme des expériences sociale et comme des mises en œuvres d’une philosophie politique pratique « spontanée » définissant les situations et les conduites comme plus ou moins justes. Mais pour comprendre l’expérience des personnes discriminées, il faut aussi étudier celle des acteurs réalisant, plus ou moins volontairement, ces discriminations. A terme, nous essaierons de construire la syntaxe normative des acteurs de la discrimination situés des deux côtés de la barrière.

La recherche se déroulera sur trente mois. Elle portera sur les femmes et les « minorités visibles » dans quatre domaines : l’éducation, le travail, les médias et la politique. Dans chacun de ces domaines, à Paris et en province, nous réaliserons une trentaine d’entretiens individuels et nous organiserons une intervention sociologique conçue comme un débat conduit sur plusieurs séances entre discriminés et auteurs de discriminations. Au total, la recherche s’appuiera sur des observations, environs 120 entretiens individuels et quatre interventions sociologiques chacun d’elle durant plusieurs séances au cours desquelles nous recevrons des responsables et des militants. Nous souhaitons ainsi comprendre les expériences, les raisons et les arguments des acteurs concernés directement par les discriminations. Nous faisons l’hypothèse qu’il peut y avoir une certaine distance entre les philosophies et les politiques qui conduisent la dénonciation et la lutte contre les discriminations, et les expériences et les philosophies politiques pratiques des acteurs directement concernés.

Cette recherche sera conduite dans le cadre de l’antenne bordelaise du CADIS (UMR, EHESS, Bordeaux 2). Placée sous la responsabilité scientifique de François Dubet (Pr), l’équipe est composée d’Olivier Cousin (Pr), Eric Macé (Pr) et Sandrine Rui (Mcf), tous enseignants chercheurs à l’université de Bordeaux 2. Ces enseignants chercheurs ont déjà conduit et publié des recherches sur les sentiments de justice, l’éducation, le travail, les médias et la politique. Cette recherche donnera lieu à un ouvrage et à une série d’articles et de communications en France et à l’étranger.

Ce projet ne repose sur aucun montage institutionnel particulier. Il vise à permettre à des chercheurs de travailler dans des domaines qu’ils connaissent bien, de développer et de renouveler des interrogations déjà anciennes sur les inégalités, la reconnaissance des singularités et la justice sociale dans des domaines pratiques sur lesquels ils ont une certaine expertise.

Coordinateur du projet

Monsieur François DUBET (UNIVERSITE BORDEAUX II (VICTOR SEGALEN)) – francois.dubet@u-bordeaux2.fr

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CADIS Bordeaux UNIVERSITE BORDEAUX II (VICTOR SEGALEN)

Aide de l'ANR 41 912 euros
Début et durée du projet scientifique : - 30 Mois

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