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– SCAD

Définir l’interaction sociale et ses déficits par l’étude des marqueurs moteurs

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L’intérêt des coordinations motrices pour comprendre les déficits sociaux

Depuis les années 60 la psychologie sociale s’est intéressée au phénomène des coordinations comportementales qui caractérisent fonctionnellement la relation duelle comme l’empathie. Bien que nous ne prenions pas garde à ces coordinations dans notre vie de tous les jours, nous sommes sensibles aux comportements anormaux de patients souffrant d’un désordre des interactions sociales (comme la schizophrénie et la phobie sociale). Ces anormalités ne se limitent pas à la communication verbale, elles sont également présentes dans leurs comportements moteurs. Pourtant, rares sont les études qui se sont intéressées au comportement moteur des pathologies au cours des interactions sociales. L’intérêt de ce projet est de déterminer les déficits sociaux par l’analyse de la coordination motrice ainsi que par l’analyse des corrélats neuraux des interactions motrices sociales. Ceci permet de définir les prédicteurs des troubles des interactions. Afin de compléter l’étude des déficits sociaux, des études sur les agents artificiels (aussi dépourvus de cette habilité à se synchroniser avec autrui) permettent de réitérer l’intérêt des coordinations motrices pour définir le niveau social d’un agent.

Afin d’analyser le niveau social des coordinations motrices nous utilisons le paradigme des coordinations non intentionnelles. Un patient et un sujet control assis l’un à coté de l’autre ont pour consigne de faire osciller un pendule à leur fréquence préférentielle avec ou sans vision du pendule de l’autre. Un phénomène de coordination involontaire survient dès lors que les participants observent le pendule de leur voisin. Ce paradigme est également utilisé lorsque les participants doivent observer une vidéo présentant différents agents (humain ou artificiel) et réaliser des mouvements rythmiques du bras. Dans un autre paradigme dit intentionnel, les participants doivent se synchroniser volontairement avec l’autre participant.

Nos résultats permettent de discriminer les pathologies mentales telles que la schizophrénie et la phobie sociale à l’aide du comportement moteur. Ils permettent aussi de prédire le début d’une pathologie compte tenu des troubles moteurs observés chez les parents de sujet schizophréniques (diagnostiqués sains). Enfin ils déterminent l’origine des déficits sociaux au niveau neural révélant un désordre de connectivité entre les structures nerveuses. Ce projet a permis de créer un consortium européen dédié à l’étude des propriétés motrices susceptibles d'élever la compétence sociale des patients.

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Ce projet a permis la rédaction de 14 articles (publiés ou en soumission) et de 34 communications dans des conférences internationales dont 5 invités et 5 dans des congrès nationaux. Ce projet a également été à l’origine de 3 dépôts de bourses européennes et nationales (2 ont été financées et 1 est en cours d’expertise). Enfin ce projet a permis de développer plusieurs collaborations internationales et nationales sur les thématiques des marqueurs moteurs de l’interaction sociale.

Les recherches en psychologie sociale montrent que les êtres humains n?interagissent pas uniquement par le biais du langage mais également par l?intermédiaire de leurs mouvements. Depuis les années 60 la psychologie sociale s?est intéressée au phénomène des coordinations comportementales qui caractérisent fonctionnellement la relation duelle comme l?empathie. Bien que nous ne prenions pas garde à ces coordinations dans notre vie de tous les jours, nous sommes sensibles aux comportements anormaux de patients souffrant d?un désordre des interactions sociales. Dans le cas de patients souffrant de schizophrénie et de phobie sociale, ces anormalités ne se limitent pas à la communication verbale, elles sont également présentent dans leurs comportements moteurs. Des dysfonctionnements de la coordination motrice pourraient être des signes manifestes de désordres sociaux. De même, l?absence de coordination de la part des agents artificiels pourrait limiter la compétence sociale de leurs interactions. Les patients souffrant de phobie sociale évitent de prendre part à des interactions sociales. Leur comportement se caractérise par une inhibition comportementale ainsi que par des gestes et postures maladroits. L?association de troubles sociaux et moteurs soulève la question de possibles dysfonctionnements de la coordination motrice. Afin d?établir si ces patients se coordonnent moins du fait d?altération spécifique de la cognition sociale ou à cause d?un effet indirect de leur pathologie sur le comportement moteur, nous comparerons leur coordination à celle de patients schizophrènes chez lesquels les déficits attentionnels sont flagrants. Si nos résultats démontrent que les dysfonctionnements de la coordination motrice résultent d?altération spécifique de la cognition sociale chez les patients phobiques, nous évaluerons l?efficacité d?une thérapie comportementale et cognitive utilisant un robot humanoïde pour renforcer la coordination de ces patients et améliorer la compétence sociale de leurs interactions. Les agents artificiels comme les robots humanoïdes sont aussi dépourvus de cette habilité à se synchroniser avec un autre agent. Ce déficit pourrait participer au sentiment de répulsion attribué aux agents anthropomorphes réalistes mais imparfaits. Bien que leur apparence et leur mouvement soient la cause de cette « vallée de l?étrange », de récents développements laissent à penser que le comportement moteur pourrait être une cause plus sérieuse. Dans ce contexte, l?absence de coordination motrice est un candidat prometteur pour expliquer une partie de l?étrangeté qu?il y a à interagir avec un robot androïde. Alors que diverses disciplines se sont intéressées aux interactions sociales, rares sont les travaux intégrant l?ensemble de ces disciplines permettant d?appréhender la complexité des coordinations entre individus au sein d?une étude interdisciplinaire. Nous proposons de remédier à cette situation en utilisant un paradigme interdisciplinaire qui permette d?examiner à différents niveaux les processus qui caractérisent la coordination motrice et ses conséquences sur les interactions sociales. Un consortium de quatre équipes de chercheurs (psychologues de CHC, spécialistes du contrôle moteur d?EDM, neurophysiologistes de l?INCM et psychiatres du SUPA) propose d?examiner la coordination motrice d?individus sains et ses dysfonctionnements chez différents agents (patients et robots) pour comprendre la Coordination Sociale d?Agents avec Déficits (SCAD). L?originalité de ce projet est de dépasser l?étude des interactions sociales d?un point de vue disciplinaire et d?appréhender ce phénomène en intégrant les niveaux comportemental, social et neural pour comprendre son fonctionnement normal ainsi que ses disfonctionnements. Pour étudier la coordination motrice et ses déficits, nous proposons trois Tâches. La tâche 1 consiste en des études préliminaires utilisant différents paradigmes afin d?explorer la coordination motrice chez des agents présentant des déficits de socialité ainsi que de développer un paradigme qui pourra être utilisé pour identifier les marqueurs neuronaux de la coordination motrice (à l?aide de l?IRMf et de la MEG). La Tâche 2 s?intéresse aux aspects sociaux, moteurs et neuronaux de populations de patients. Enfin, la tâche 3 a pour but d?utiliser les résultats des expériences précédentes pour proposer des applications permettant aux populations d?agents souffrants de déficits de socialité d?améliorer la compétence de leurs interactions sociales en renforçant leur coordination motrice. Le coût total du projet SCAD est de 212 Personnes-Mois pour un budget (HT) de 1 270 076 ? dont seulement 351 555 ? sont demandés à l?ANR. Il constitue la première étape d?un projet européen interdisciplinaire dans FP7 (STREP-Coopération ou IDEE-ERC) à partir d?un noyau dur français Montpellier-Marseille. Les applications envisagées touchent le domaine de la santé mentale et de l?industrie robotique.

Coordination du projet

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Aide de l'ANR 0 euros
Début et durée du projet scientifique : - 0 Mois

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