VULS - Vulnérabilités : à l'articulation du sanitaire et du social

Universalisation, fragmentation ou individualisation ? Définition, redéfinitions et gestion des populations vulnérables depuis 1900 : une approche globale, comparative et croisée – PENSER LA PROTECTION

Résumé de soumission

Le projet mobilise une triple perspective d’histoire longue, d’histoire transnationale et d’histoire comparée, pour tenter d’éclairer les mutations en cours de la protection sociale et de l’assistance. La montée en puissance de la notion de populations vulnérables consacre-t-elle un processus d’universalisation, de fragmentation ou d’individualisation de la protection sociale ? Quelle place donne-t-elle aux formes, publiques ou privées, d’assistance territorialisée, dont on a pu penser que la création de la Sécurité sociale les avait reléguées à une position reliquaire ? Notre terrain premier, la France du XXe siècle à nos jours, sera mis en regard des expériences scandinave et britannique, et plus ponctuellement allemande, américaine et japonaise. Il sera également mis à l’épreuve d’une optique transnationale, entendue autant dans son aspect de régulations par des conventions et organisations internationales, que de circulations d’expériences. En impliquant, à des degrés divers, des spécialistes de plusieurs types de populations vulnérables, issus de plusieurs disciplines, de plusieurs institutions et de plusieurs pays, mais habitués à confronter leurs résultats depuis trois ans dans le cadre de l’équipe Esopp, nous espérons surmonter trois limites usuelles dans l’étude des populations vulnérables : la tendance à réduire l’analyse à un type de population, à un dispositif ou à une institution ; la difficulté de mettre en relation les politiques d’aide aux différentes populations vulnérables dans un cadre qui tout en étant global, se nourrisse des expériences sociales et institutionnelles effectives ; la focalisation sur l’État et sur un cadre d’analyse national ou au mieux comparatif (par opposition à des approches intégrant aussi l’action privée, locale et transnationale). Le résultat du travail consistera, par contraste, en un modèle d’analyse globale mais assis sur des situations empiriques multiples et diversifiées caractérisant le dernier siècle et en deçà. Il sera publié, sans s’y réduire, dans un ouvrage collectif qui ne se limitera pas à une série de monographies sur l’histoire des populations vulnérables, mais en proposera une vision intégrée. Pour partie, cet ouvrage articulera les conclusions issues des recherches des participants sur tel ou tel type de population vulnérable (migrants, enfants, ouvriers de secteurs exposés, etc.). Pour partie, il reposera sur des enquêtes inédites appelées à combler des lacunes « stratégiques », essentielles pour la réalisation de l’objectif d’ensemble. Pour la France sera conduite une recherche sur l’histoire des allocations-logement, dispositif qui depuis un siècle concentre la plupart des difficultés globales du sujet : multiplicité des acteurs et des systèmes de normes, évolution multivoque vers une couverture plus large et plus fragmentée. Ses effets contemporains feront l’objet d’une analyse statistique inédite. Dans le même temps, le développement actuel en France de dispositifs mixtes d’assurance, d’assistance et d’action sociale aux populations vulnérables, sera soumis à une problématique d’inspiration internationale : dans quelle mesure l’assistance territorialisée et les modèles de protection sociale à prétention universelle sont-ils, plutôt que concurrents, compatibles voire indissociables ? Deux terrains d’enquête seront ici retenus. Le premier, qui fixera le cadre de l’analyse, reviendra sur les conflits entre assurances sociales nationales et assistance territorialisée, qui déchirent les pays européens dans le premier XXe siècle. Mal connus dans leur perspective globale et transversale, ils renvoient dos-à-dos l’idée finaliste d’une marche irrépressible vers les États-Providence au milieu du siècle, et de leur démantèlement contemporain. Le second terrain réexaminera la situation française actuelle à la lumière du cas scandinave, dont on verra qu’il concilie, à sa manière, vocation universelle et assistance fortement territorialisée.

Coordination du projet

Paul André ROSENTAL (CNRS DR 1 Paris Ivry)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

CNRS DR 1 Paris Ivry

Aide de l'ANR 240 000 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2008 - 48 Mois

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