VULS - Vulnérabilités : à l'articulation du sanitaire et du social

Pratiques sportives, genre et vulnérabilités dans la société française – PRAS GEVU

Résumé de soumission

Les pratiques sportives ont été progressivement associées à des ambitions sanitaires et hygiéniques, moyennant des précautions dont le caractère idéologique s’avère historiquement au moins aussi prononcé que l’assise scientifique. Pourtant, malgré la force des slogans politiques et des conclusions médicales sur les bénéfices sanitaires de la pratique physique, les contradictions sont patentes, du surmenage au dopage en passant par les accidents directement liés à la pratique sportive, sans oublier les violences sexuelles, sexistes et homophobes. L’objectif de PRAS-GEVU vise ainsi à questionner le rôle des pratiques sportives dans le renforcement ou, au contraire, la réduction de la vulnérabilité et des atteintes à la santé associées aux populations dominées dans l’ordre du genre, au sein de configurations historiques et institutionnelles où l’articulation genre-santé-sport est particulièrement visible : "1) la Première Guerre mondiale et l’immédiat après-guerre (1914-1925), temps où se conjuguent un double mouvement d’émancipation sociale et de « reprise en main » des femmes, un véritable désastre sanitaire consécutif au contexte de guerre et une réorganisation totale du mouvement sportif ; 2) la Seconde Guerre mondiale et l’immédiat après-guerre (1939-1948), temps marqué là-aussi par la succession de phases de conservatisme et d’émancipation politique des femmes, un bilan sanitaire lourd et une relance du sport français ; 3) les événements de mai 68 et la crise des valeurs dans la société française (1967-1975), temps où se cumulent développement des mouvements féministes, « crise » de la masculinité et démocratisation remarquable des pratiques sportives ; 4) les années 2000 et les crises sanitaires et sociales (2000-2008), temps caractérisé par une nouvelle quête politique et sociale en faveur de la parité, le retour des grandes maladies, les désordres sanitaires et les peurs associées (Sida, obésité..), l’émergence d’une grande précarité et la transformation générale des pratiques sportives et de loisir. Ces quatre conjonctures feront l’objet de façon complémentaire des mêmes questionnements et analyses :1) Il s’agira d’abord de caractériser, à partir des pratiques sportives et dans chaque configuration historique, quelles sont les figures de la vulnérabilité. Femmes, hommes, enfant, adultes, seniors : comment l’articulation des normes médicales, des normes de genre et des normes sportives contribue-t-elle à stigmatiser chaque population de pratiquants ou de non-pratiquants ? 2) Il conviendra ensuite de repérer la manière dont les pratiques et institutions sportives peuvent porter atteinte à la santé des personnes, créer des formes de vulnérabilité (physiques ou psychologiques) ou, au contraire, constituer des espaces de protection et de développement sanitaire en fonction du genre. La pratique physique a-t-elle généré concrètement des blessures, des stigmates ? Lesquels et avec quelle importance? En accord avec les suggestions de l’OMS, seront étudiés ici simultanément les processus sociétaux et communautaires, les processus institutionnels et les processus inter-personnels, tous potentiellement générateurs de différents niveaux de violences. Chaque configuration historique sera abordée à travers les pratiques les plus révélatrices des enjeux sanitaires et genrés du moment. La division sexuée des disciplines et institutions sportives et l’existence de connotations genrées plus ou moins fortes (masculines ou féminines), accolées historiquement à chaque activité ou modalité de pratique, constituent des richesses à exploiter. 3) Il s’agira enfin d’identifier les réponses politiques et fédérales apportées avec plus ou moins d’effets, aux détériorations de la santé des individus des deux sexes par et dans la pratique sportive

Coordinateur du projet

Thierry TERRET (Université Claude Bernard Lyon 1)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Université Claude Bernard Lyon 1
Université Rennes 2 Haute Bretagne

Aide de l'ANR 260 000 euros
Début et durée du projet scientifique : décembre 2008 - 36 Mois

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