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ECOLOGIE SPATIALE DES TORTUES VERTES DE L'OCEAN INDIEN – ESTVOI

Résumé de soumission

Les tortues marines sont soumises à la forte contrainte de venir régulièrement se reproduire à terre en des lieux distants de leurs sites d'alimentation. Leur reproduction et leur survie lors des phases de migration aller/retour reposent donc exclusivement sur les réserves énergétiques préalablement constituées sur les sites d'alimentation. L'efficacité de leurs comportements d'alimentation et de navigation constitue donc des éléments clés de la biologie de ces espèces considérées en danger d'extinction à l'échelle mondiale. Le but de notre programme est d'en comprendre les processus sous-jacents pour développer un modèle global de dynamique spatiale. Ce projet sera mené sur la tortue verte Chelonia mydas dans le sud-ouest de l'Océan Indien, où l'accès à des individus captifs et sauvages sur des sites naturels majeurs est particulièrement aisé et unique au monde. Au-delà de son intérêt scientifique propre, ce projet vise à améliorer les plans de conservation de cette espèce, qui est la principale tortue marine de l'Océan Indien, mais qui subit une mortalité importante liée aux interactions avec les activités humaines comme les pêcheries industrielles. Les plans actuels souffrent en effet d'un manque évident de compréhension des processus impliqués dans le choix des sites d'alimentation et de reproduction et de l'écologie spatiale au sein et entre ces sites. - Les tortues vertes sont très fidèles à leur site de ponte et montrent une extrême motivation à le rejoindre en période de reproduction après en avoir été expérimentalement éloignées. Un bon moyen d'étudier leurs capacités d'orientation en pleine mer, où les principales sources potentielles d'information spatiale sont le champ géomagnétique et les gradients olfactifs, consiste à mener des expériences de retour au gîte , dans lesquelles des tortues sont capturées sur leur site de ponte et relâchées en haute mer, dans différentes conditions expérimentales. Nous avons récemment mené deux études de ce type. La première a révélé la nécessité de prendre en compte les courants océaniques lors de l'analyse des déplacements des tortues. La seconde indique que les informations géomagnétiques sont utiles sans être strictement nécessaires aux tortues pour s'orienter efficacement en haute mer. Nous devons donc évaluer les rôles relatifs des informations géomagnétiques et olfactives dans les processus de navigation chez la tortue verte, et déterminer les processus d'orientation impliqués. Les trajets des tortues seront précisément enregistrés par des systèmes GPS de dernière génération (Fastloc-Argos). Des données d'océanographie spatiale (hauteur de mer et pression de vent) seront recueillies afin d'estimer les mouvements propres des animaux (relatifs aux masses d'eau, en déduisant l'effet de dérive du aux courants) et de comparer ainsi de manière fiable le comportement d'individus contrôles à celui d'individus soumis à une perturbation sensorielle (magnétique et/ou olfactive). - La tortue verte est la seule tortue marine herbivore aux stades juvénile et adulte. Elle se nourrit sur des herbiers et des alguiers côtiers peu profonds. Elle constitue ainsi un modèle unique pour étudier l'écologie énergétique et trophique des tortues marines en conditions naturelles. Dans un premier temps, nous étudierons sur des juvéniles et des adultes captifs et équipés d'enregistreurs miniaturisés (de pression, température, lumière, vitesse, accélération, fréquence de battement de nageoires et électrocardiogramme) les relations entre le comportement sous-marin et les dépenses énergétiques quantifiées par respirométrie ouverte, en fonction de la saisonnalité (photopériode et température ambiante) et du régime alimentaire (algues versus herbier). Parallèlement, nous développerons un modèle individu-centré des bilans énergétiques basé sur les principes fondamentaux de la thermodynamique, de la dynamique des fluides et des relations allométriques. Dans un second temps, nous étudierons l'écologie trophique

Coordination du projet

Simon BENHAMOU (Organisme de recherche)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

Aide de l'ANR 560 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 48 Mois

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