SEST - Programme Santé-Environnement et Santé-Travail (SEST)

Dégradation d’HYdrocarbures dans les VAsières (DHYVA) : Rôle des mécanismes bactériens et effet de la bioturbation dans la biodisponibilité des polluants organiques – DHYVA

Résumé de soumission

Les milieux plus ou moins anoxiques, comme les vasières, les sites sablo-vaseux et certains espaces végétalisés, assurent des fonctions prépondérantes pour maintenir l’équilibre des écosystèmes estuariens et côtiers. Ces zones subissent directement l’impact des marées noires, des déversements accidentels et accumulent divers polluants drainés par les cours d’eaux. De par leur composition (sédiments fins plus ou moins colonisés par les plantes) les méthodes de nettoyage et de réhabilitation actuelles sont mal adaptées, laissant en place des “des réservoirs de polluants”, véritables menaces pour l’équilibre de l’écosystème et pour la santé humaine. En effet, les sédiments sont régulièrement mis en suspension par les courants ce qui va piéger et accumuler les polluants. Ces milieux sont alors également une source de contamination en relarguant les polluants et leurs métabolites dans l’eau et en favorisant leur entrée dans les chaînes trophiques. Les micro-organismes jouent un rôle primordial dans la dégradation des hydrocarbures. Toutefois, la plupart des connaissances acquises proviennent d’études réalisées en laboratoire sur des bactéries modèles. Par ailleurs, il est maintenant établi que les interactions entre les différents groupes bactériens permettent de dégrader un plus grand nombre d’hydrocarbures. Les sédiments sablo-vaseux se situent à l’interface oxie/anoxie où différents métabolismes bactériens coexistent et se succèdent au gré des marées. De plus, les organismes bio-perturbateurs peuvent influencer les métabolismes bactériens en modifiant, de manière continue ou intermittente, la pénétration de l'oxygène dans les sédiments. Il semble donc judicieux d’aborder le problème de la dégradation des hydrocarbures de manière globale, en essayant de comprendre comment les métabolismes bactériens interagissent dans la dégradation des polluants et d’estimer l’effet de la bioturbation sur ces activités. C’est précisément l’objectif principal du projet DHYVA avec un intérêt particulier pour les mécanismes de dégradation en anaérobiose dont les connaissances sont limitées. Les attendus scientifiques spécifiques de ce projet sont : (1) d’évaluer la dégradation du pétrole dans les sédiments sablo-vaseux in situ, maintenus en mésocosmes et en microcosmes au laboratoire (2) d’évaluer l’influence des cycles oxie/anoxie sur le devenir des hydrocarbures (3) de disposer d’une image de la diversité bactérienne dans ces sédiments et d’estimer l’impact des composés du pétrole sur les communautés bactériennes (4) de caractériser les produits de transformation des hydrocarbures suite à la dégradation bactérienne (5) d’obtenir des informations sur le transfert des polluants organiques et métalliques d’un compartiment à un autre et vers la chaîne trophique (sédiment/eau/organismes fouisseurs) (6) d’évaluer l’influence des organismes fouisseurs et de la bioturabation sur la dégradation des hydrocarbures (7) d'isoler et de caractériser des consortiums bactériens et des souches bactériennes capables de dégrader les hydrocarbures en anaérobiose et aérobiose. Ainsi, les résultats de nos travaux devraient permettre de mieux comprendre les mécanismes biologiques, à l’interface oxie/anoxie, impliqués dans le devenir des hydrocarbures dans l’environnement. A terme, ils devraient déboucher sur des connaissances permettant de mieux gérer les ressources microbiennes in situ et conduire à l’établissement de nouveaux outils moléculaires permettant d’évaluer plus précisément l’impact des hydrocarbures sur les micro-organismes. Ces outils devraient permettre de disposer d’indicateurs moléculaires simples et spécifiques autorisant l’appréciation de l’impact de pollutions par des hydrocarbures sur le fonctionnement biologique des écosystèmes.

Coordinateur du projet

UNIVERSITE DE PAU ET DES PAYS DE L'ADOUR (UNIVERSITE DE PAU ET DES PAYS DE L'ADOUR)

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.

Partenaire

UNIVERSITE DE PAU ET DES PAYS DE L'ADOUR
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE DELEGATION REGIONALE PROVENCE
CENTRE DE DOCUMENTATION DE RECHERCHE ET D'EXPERIMENTATIONS SUR LES POLLUTIONS ACCIDENTELLES DES EAUX [CEDRE]
UNIVERSITE DE PAU ET DES PAYS DE L'ADOUR

Aide de l'ANR 340 000 euros
Début et durée du projet scientifique : - 36 Mois

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